Réunissant des centaines d’artistes venus d’Afrique et de ses diasporas, la 14e édition du Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA) a transformé Abidjan en véritable carrefour artistique du 11 au 18 avril 2026. Les Comores s’y sont distinguées à travers trois figures. Il s’agit de Fouad Salim, pionnier du stand-up, Keïla, voix montante de l’océan Indien, et Rahim Parolier du Karthala, figure du slam.
Ce 17 avril, sur la scène du Palais de la Culture d’Abidjan, Keïla a marqué une nouvelle étape pour la chanson comorienne. Consciente d’incarner une relève, elle s’inscrit dans la continuité d’artistes tels que Salim Ali Amir et Maalesh. Pour elle, le MASA représente à la fois une ouverture sur le continent et « une reconnaissance de la chanson de l’océan Indien ». En fusionnant maloya, twarab, salegy et soul urbaine, son univers musical tisse des passerelles entre les îles et l’Afrique, tout en affirmant une identité plurielle.
Président de l’association Kam’Art Culture et représentant d’Arterial Network aux Comores, Rahim Parolier du Karthala est également directeur du Festival International Bangwe de l’Oralité. Sa participation s’inscrit dans une stratégie de rayonnement culturel. Il voit dans le MASA un espace d’influence, propice aux échanges et à la construction de partenariats durables. « À travers les rencontres avec d’autres programmateurs, j’ai invité le monde culturel à découvrir les Comores », explique-t-il. Une démarche visant à positionner l’archipel comme une destination culturelle à part entière et à favoriser la mobilité des artistes comoriens sur les scènes africaines et internationales.
Avec son spectacle SDF, Fouad Salim a confirmé son statut de pionnier du stand-up comorien. Présent au MASA Comedy Club le mercredi et jeudi au Palais de la Culture, puis le vendredi à l’Institut Goethe, l’humoriste s’est dit fier de « porter haut les couleurs des Comores » dans ce rendez-vous continental. Ses confidences intimes se sont mêlées à une critique sociale, transformant les contradictions du quotidien en éclats de rire partagés. Son humour, à la fois tendre et incisif, rappelle que la scène comorienne s’émancipe.
Aticki Ahmed Ismael
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