Un nouveau lieu dédié à l’artisanat comorien a officiellement ouvert ses portes vendredi 8 mai à Mtsangani, à Moroni. La cérémonie d’inauguration s’est tenue en présence de plusieurs autorités, parmi lesquelles le ministre de l’Environnement, le ministre de l’Économie, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, ainsi que des représentants du secteur culturel et des partenaires internationaux.
Portée par l’association des Gardiens du patrimoine culturel de Domoni (GPCD), cette initiative ambitionne de valoriser le savoir-faire local tout en faisant de la culture un véritable levier de développement économique et social. Le projet bénéficie du soutien de l’ambassade de France, du ministère de la Culture et des arts ainsi que de l’agence Adore Comores. À travers cette collaboration, les partenaires souhaitent encourager la préservation des savoir-faire traditionnels tout en offrant de nouvelles perspectives aux jeunes artisans. Installé au cœur du quartier historique de Mtsangani, ce point de vente permettra désormais aux artisans de disposer d’un espace permanent pour exposer et commercialiser leurs créations. Sculptures sur bois, objets décoratifs et pièces artisanales y mettent en valeur la richesse du patrimoine culturel comorien. Mais au-delà de sa vocation commerciale, ce nouvel espace se veut aussi un lieu de transmission et de rencontre entre tradition et modernité.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le président du GPCD, El Farouk Charif, a rappelé la portée de cette initiative. « Le patrimoine culturel est à la fois un héritage et un moteur de développement. Notre objectif est de former les jeunes, préserver les savoir-faire et leur offrir de véritables opportunités économiques », a-t-il déclaré. Dans le cadre d’un projet pilote soutenu par l’ambassade de France, dix jeunes dont une femme, ont été formés aux techniques de sculpture sur bois et à la fabrication d’objets artisanaux. Deux ateliers ont également été équipés afin d’améliorer leurs conditions de travail et de renforcer leurs capacités de production. L’ouverture de ce point de vente représente une étape importante pour ces jeunes, qui pourront désormais accéder plus facilement au marché et faire connaître leur travail au grand public comme aux visiteurs.
Le directeur du CNDRS, Toiwilou Mze Hamadi, a salué une initiative qui contribue à la fois à la sauvegarde du patrimoine immatériel et à la création d’activités génératrices de revenus. De son côté, l’ambassadeur de France, Étienne Chapon, a insisté sur la dimension humaine du projet. « Derrière chaque objet, il y a des heures d’apprentissage, de passion et de détermination. C’est une réussite collective », a-t-il souligné. Le diplomate a également exprimé le souhait de voir cet espace devenir un lieu vivant, capable de faire rayonner le talent des artisans comoriens bien au-delà des frontières du pays.
Représentant le ministère de la Culture, Radia Salim, conseillère du ministre, a rappelé que la valorisation du patrimoine ne se limite pas à la conservation des traditions. « Préserver le patrimoine, c’est aussi créer des opportunités économiques, renforcer notre identité et préparer l’avenir », a-t-elle affirmé. Pour elle, ce type d’initiative s’inscrit pleinement dans les efforts engagés pour promouvoir la culture, soutenir la jeunesse et encourager la transmission des savoir-faire entre générations. Au-delà de cette nouvelle boutique artisanale, le GPCD nourrit déjà d’autres ambitions, notamment la création d’un atelier collectif, la structuration des artisans en coopérative ainsi que le développement d’activités liées au tourisme culturel. Les porteurs du projet espèrent démontrer que le patrimoine culturel peut devenir un moteur de développement durable, au service de l’emploi, de la jeunesse et de l’économie nationale.
Mohamed Ali Nasra
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