L’association des archivistes des Comores (AAC) a tenu ce samedi 18 avril, à la maison de l’écotourisme, sa première assemblée générale ordinaire. Plus qu’une simple réunion, cette rencontre est une étape historique dans la structuration de la profession, longtemps laissée sans organisation. La présence du recteur de l’université des Comores a donné un poids supplémentaire à cette initiative.
La séance, ouverte à 9h00 par le président provisoire du comité d’initiative, Maoulana Bahassane Mohamed, a rappelé le contexte de la création de l’association : « dispersion des archives dans diverses institutions, absence d’une véritable structure nationale et détention de documents historiques par des particuliers ». Devant les membres et l’assistance, il a rappelé que l’objectif de l’AAC est de sensibiliser à la préservation des archives publiques et privées, contribuer à la sauvegarde du patrimoine documentaire national et promouvoir les bonnes pratiques de gestion archivistique. Dans une allocution, Faridy Norbert, historien et directeur du collège de Mboueni, a présenté les objectifs et surtout les activités qui attendent les responsables de l’AAC. « La création de l’association n’est qu’un premier pas. Dès aujourd’hui, il faudra mettre en œuvre un programme pour les agents publics et privés, lancer des ateliers de sensibilisation dans administrations. Il sera encore essentiel de nouer des partenariats avec des partenaires internationaux pour que notre patrimoine documentaire soit valorisé et protégé », a-t-il déclaré.
Après les discours de lancement, les membres ont procédé à l’amendement des statuts de l’association et à l’adoption officielle de la charte éthique et professionnelle. Celle-ci engage les membres et archivistes comoriens à protéger l’intégrité des documents, à respecter la confidentialité et à lutter contre le trafic illégal des manuscrits anciens. Les amendements apportés aux statuts visent à renforcer la transparence, la représentativité et l’efficacité des organes au niveau national. Une direction a été mise en place, avec deux secrétariats. La clôture, intervenue à 11h45, a été marquée par les remerciements aux institutions partenaires et l’annonce des prochaines activités, notamment des formations, des ateliers de sensibilisation et des projets de numérisation.
Le président d’honneur qui va mener les premiers travaux du conseil d’administration, en guise de clôture, a insisté sur la dimension citoyenne et patrimoniale de l’initiative. Pour Docteur Ahmed Ouledi : « Les archives sont la colonne vertébrale de notre histoire et de nos droits. Sans elles, nous perdons la trace de ce que nous sommes et de ce que nous devons transmettre. » Selon Maoulana Bahassane, l’AAC répond à un besoin urgent : structurer et organiser les pratiques archivistiques dans les administrations publiques et privées tout en valorisant l’historique du pays. Dans ce contexte, l’AAC doit se positionner comme un acteur incontournable de la réforme documentaire et de la sauvegarde de la mémoire nationale.
Aticki Ahmed Ismael
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