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des Comores

Culture : Zéro Galerie 5 peint l'avenir sur le sable

Culture :  Zéro Galerie 5 peint l'avenir sur le sable © : HZK-LGDC

À Malé-Mbadjini, quinze artistes de Zéro Galerie 5 ont passé douze heures, dimanche, à peindre au bord de l’océan, au contact du public. Un mois après l’ouverture de leur galerie à Moroni, cette immersion artistique hors les murs se veut une manière de fédérer les peintres, de rapprocher l’art du public et de poser les bases de nouveaux projets culturels.


L’initiative intervient un mois seulement après l’ouverture, à Moroni, de « Zero Cinq Projects & Galerie », le premier espace d’exposition permanent porté par l’association Zéro Galerie 5. Dans un pays où les peintres évoluent souvent de manière isolée, sans marché structuré ni espaces de diffusion, la création de cette association répond à une nécessité : fédérer les artistes, mutualiser leurs efforts et leur offrir une visibilité collective. Après un mois passé entre ses murs, Zéro Galerie 5 a choisi d’éprouver son collectif hors les murs, dans un lieu populaire et symbolique. Il est 7 heures à Malé, dans le Mbadjini. La plage est encore déserte, à peine animée par les premiers pêcheurs. C’est à cette heure matinale que les quinze peintres de l’association Zéro Galerie 5 installent leurs chevalets, pour ne les quitter qu’après 19 heures. Douze heures d’immersion artistique. Le matin, la lumière est blanche et crue. Les chevalets sont installés à même le sable, les toiles calées par des pierres volcaniques. Les pinceaux circulent, les tubes d’acrylique s’ouvrent dans le vent. Certains peignent face à l’océan, d’autres esquissent rapidement les pirogues au loin. L’ambiance est studieuse, presque silencieuse, chacun concentré sur son œuvre.

Puis vient le dimanche. Vers 10 heures, Malé ne leur appartient plus. Les familles venues pique-niquer sous les filaos, les enfants, les jeunes et les couples s’arrêtent pour observer les artistes au travail. Le cercle des quinze peintres s’élargit au fil des heures. On s’accroupit autour d’une toile encore fraîche, on pose des questions, on échange. La matinée studieuse se transforme progressivement en véritable rencontre avec le public. L’après-midi s’étire dans les discussions. Vers 17 heures, le décor change. Le ciel, chargé d’humidité, se teinte progressivement de vert, annonçant la fin de la journée. Dans cette lumière particulière, instable et saisissante, la plage prend une dimension presque picturale. Au cœur de ce tableau vivant qui aura duré de 7 à 19 heures, Seda, de son vrai nom Saïd Abdallah Ibrahim, peint sans bruit, du matin au soir. Connu à l’international, il reste à Malé un frère parmi les autres, les pieds dans le sable. Pour lui, cette journée n’est pas une simple sortie artistique. Elle répond à une nécessité : se retrouver, échanger et réfléchir ensemble à l’avenir de la peinture comorienne.

« Se rencontrer ainsi, de l’aube au crépuscule, pinceaux à la main, parler de projets d’avenir autour d’une toile inachevée », constitue, selon lui, une manière de transmettre et d’éviter que la jeune génération ne fasse son chemin seule. Cette volonté de construire dans la durée est également portée par le directeur de l’association, Saïd Hachim Chatoi. Présent aux côtés des artistes tout au long de la journée, il défend une vision de Zéro Galerie 5 qui dépasse le cadre d’une simple galerie. L’association doit, selon lui, devenir un mouvement capable de s’inscrire dans la durée. Cette journée de douze heures à Malé-Mbadjini, organisée un mois seulement après l’ouverture de la galerie, a ainsi été pensée comme un acte fondateur. Il s’agissait de se retrouver autrement que dans le cadre formel d’une réunion, en partageant une journée entière dans un lieu populaire, pour échanger sur les projets à venir et imaginer notamment des expositions itinérantes entre les îles.

À 19 heures, les tableaux disposés sur le sable commencent à sécher. Les peintres de Zéro Galerie 5 n’ont pas seulement partagé une journée au bord de la mer. Pendant douze heures, ils ont expérimenté une autre manière de faire vivre l’art comorien : au plus près du public, entre mer et volcan, les pinceaux à la main.

El-Aniou Fatima

 


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