À l’approche du 6 juillet, date symbolique de l’indépendance des Comores, l’artiste sculpteur et plasticien Daniel Toilha s’active dans son atelier niché à Chaweni, à Mutsamudu. Entre minutie et passion, il prépare une exposition ambitieuse intitulée « L’indépendance des palais », véritable pont entre création artistique et mémoire historique. Depuis plusieurs mois, cet artisan aux mains d’or façonne patiemment des œuvres qui racontent, chacune à leur manière, une page de l’histoire de l’archipel.
Le public a pu découvrir, ce lundi 13 avril, une première immersion dans cet univers artistique singulier. Dans une atmosphère à la fois studieuse et inspirante, Daniel Toilha a présenté l’état d’avancement de ses réalisations. « Plusieurs articles d’art sont déjà achevés, d’autres sont en chantier », confie-t-il. Parmi les œuvres en cours, figure notamment le palais Mawana de Bambao M’tsanga, tandis que d’autres pièces, comme la mosquée du vendredi de Badjanani ou le palais Oujoumbe, sont déjà finalisées avec une précision remarquable. Au-delà de l’esthétique, l’exposition se veut un hommage aux sultans batailleurs qui ont marqué l’histoire des Comores.
À travers ses sculptures, Daniel Toilha propose une narration visuelle, presque vivante, de cette époque marquée par les luttes de pouvoir, les alliances et les résistances. L’artiste insiste sur la portée symbolique du lieu choisi pour l’exposition : la place de l’indépendance de Mroni-Mtsamdu. « C’est un espace chargé d’histoire, un lieu qui rappelle des dates essentielles pour notre nation, comme le 6 juillet ou le 3 août. On peut tout faire, sauf effacer l’histoire », affirme-t-il avec conviction. La citadelle, élément incontournable du patrimoine, occupe une place centrale dans son travail. Une œuvre en plastique, actuellement en phase de finition, ambitionne de laisser une empreinte durable aux générations futures. « C’est une invitation à méditer, raconter et transmettre », explique-t-il.
Chez Daniel Toilha, l’ingénierie des anciennes forteresses semble revivre à travers ses mains. Héritier d’un riche passé familial, parlant plusieurs langues artistiques, il incarne ce lien entre tradition et modernité. Son talent, que ses proches qualifient d’inné, s’inscrit dans une continuité historique. Il redonne vie aux palais royaux, offrant ainsi une lecture artistique et engagée de l’histoire comorienne.
Younes
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC