L’ONG Gardiens du Patrimoine Culturel de Domoni (GPCD) a franchi un cap historique les 17 et 18 juin 2026 en obtenant son accréditation officielle auprès de la Convention 2003 de l’UNESCO, avant de participer dans la foulée à son premier Forum des ONG du patrimoine culturel immatériel, marquant ainsi l’entrée remarquée d’une organisation comorienne dans les cercles internationaux de la gouvernance culturelle.
Domoni entre dans une nouvelle ère. En l’espace de quelques jours, l’ONG Gardiens du Patrimoine Culturel de Domoni (GPCD) a non seulement obtenu son accréditation officielle auprès de la Convention 2003 de l’UNESCO, mais a également fait une entrée remarquée sur la scène internationale en participant à son tout premier Forum des ONG du patrimoine culturel immatériel à Paris. Cette double avancée marque un tournant décisif pour la société civile comorienne. Longtemps ancrée dans des actions locales de sauvegarde et de transmission, l’organisation franchit désormais les frontières pour s’inscrire au cœur des dynamiques mondiales de gouvernance culturelle. « Cette reconnaissance est l’aboutissement d’un travail rigoureux et passionné, mené sur plusieurs années », souligne le président de l’association, El-Farouk Charif Houmadi.
Derrière cette consécration, un processus exigeant, validé par les instances de l’UNESCO, qui vient attester de la crédibilité et de l’impact des actions menées sur le terrain. Mais au-delà de l’accréditation, c’est bien l’entrée effective dans les réseaux internationaux qui ouvre une nouvelle perspective. Lors du Forum des ONG, la représentante de l’organisation, Abdouramane Asmah, a pris part à des échanges stratégiques avec des acteurs venus du monde entier. Entre ONG pionnières et nouvelles structures accréditées, les discussions ont posé les bases de futures collaborations, notamment en matière de coopération Sud-Sud. « Nous portons désormais la voix des Comores dans un espace où se construisent les politiques culturelles internationales », lit-on dans un communiqué, insistant sur la responsabilité qui accompagne cette visibilité nouvelle.
À travers cette présence, les savoir-faire locaux, longtemps confinés à leur territoire d’origine, accèdent à une plateforme mondiale. Des pratiques comme l’art de la sculpture sur bois Nakshi trouvent ainsi un nouvel espace de valorisation, de protection et de financement. Cette reconnaissance internationale n’efface pas les racines locales, bien au contraire. Elle les renforce. Car derrière cette réussite se trouvent des communautés entières à savoir les artisans, jeunes, anciens et bénévoles, tous engagés dans la transmission d’un patrimoine vivant. « Unis dans l’action pour préserver, perpétuer et faire rayonner notre héritage culturel », rappelle le président.
Soutenue par des partenaires institutionnels nationaux et internationaux, l’ONG entend désormais jouer pleinement son rôle consultatif auprès de l’UNESCO. Une mission qui commence dès à présent, avec l’ambition de faire entendre durablement la voix des Comores dans les grandes décisions culturelles mondiales. De Domoni à Paris, le chemin parcouru témoigne d’une évidence, une initiative locale, portée par la conviction et la persévérance, peut aujourd’hui s’imposer comme un acteur crédible de la diplomatie culturelle internationale.
Mohamed Ali Nasra
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