La Gazette

des Comores

Littérature : L’artiste Mo Absoir publie son premier ouvrage

Littérature :  L’artiste Mo Absoir publie son premier ouvrage © : HZK-LGDC

Le Lys Bleu Éditions publie “Là où le soleil toise les rêves”, premier ouvrage de Mo Absoir, artiste et poète comorien installé entre La Réunion et Paris. L’auteur présente son recueil comme une œuvre hybride, entre narration et slam, née d’une nécessité vitale d'écrire pour survivre. Ce livre est une plongée dans l’intime, une confrontation avec les blessures de l’enfance et une quête de paix intérieure.


« J’ai dû écrire par nécessité, j’ai pris la plume un soir telle une armure, un refuge, faire taire un lourd désespoir », confie Mo Absoir. Les mots deviennent sanctuaire face à une enfance cabossée, un espace où déposer les peines inexprimables. L’écriture, loin d’être un simple exercice esthétique, s’impose comme une thérapie, une manière de faire face aux blessures et de les apprivoiser. Dans ses vers, l’absence et l’abandon ne sont pas des thèmes abstraits, mais des réalités vécues, transformées en matière poétique. Mo Absoir se définit comme un “tailleur de mots”, une expression qu’il revendique en héritage au poète Mbandzi Mwendedji. « Je jongle avec ma plume comme un couturier manie son ciseau », explique-t-il, rappelant que son père était tailleur de tissus. De ce fil familial naît une métaphore puissante, le tailleur de tissus engendre le tailleur de mots. L’écriture devient ainsi un prolongement de l’artisanat, une manière de découper et de coudre les mots pour en faire des vêtements poétiques.

 

Ses vers évoquent l’absence, l’abandon, mais aussi la résilience. « J’ai fabriqué à mon insu, à travers les mots, un bouclier contre le monde des adultes », raconte-t-il. L’enfant qu’il était a tenté de se convaincre que sa mère était morte pour ne plus souffrir de son absence. Devenu adulte, les traumas reviennent « comme un boomerang ». Ce livre est alors une tentative de réconciliation entre l’enfant blessé et l’adulte en quête de paix. La poésie devient un espace de pardon, une manière de tisser des ponts entre les failles du passé et les espoirs de l’avenir. “Là où le soleil toise les rêves” est une œuvre totale, qui donnera naissance à une lecture musicale et à un spectacle à travers des résidences artistiques. « Ce livre est un exutoire, une thérapie que je me suis offerte. Je l’ai écrit pour qu’en moi germe la paix, et que ces mots frôlent si possible tous ceux qui s’y reconnaîtraient », affirme-t-il. L’ambition étant de faire de la poésie un art vivant, qui dépasse la page pour se déployer sur scène.

 

Au-delà des écrits, l’auteur invite ses lecteurs à oser être eux-mêmes, à se parler sans détour, à pardonner et à s’offrir de l’amour. Pour lui, la poésie n’est pas une fuite mais une confrontation : « Je tiens à faire face à mes peurs, aller à la rencontre de mes blessures, questionner leurs provenances. » Ce livre est donc une invitation à l’authenticité, à la guérison et à la réconciliation avec soi-même. Pour l’heure, Mo Absoir se consacre à la promotion de son livre déjà en librairie depuis le 25 juin dernier, avec l’espoir qu’il soit bientôt accessible aux Comores, sa terre d’origine. « Hâte qu’il atteigne sa vraie cible et plus encore », finit-il.

 

Aticki Ahmed Ismael

 

 


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