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Littérature « Victimes d’être comoriens », nouvelle publication de Nadjlou Abdelfatah

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Littérature  « Victimes d’être comoriens », nouvelle publication de Nadjlou Abdelfatah © : HZK-LGDC

« Victimes d’être comoriens », est le titre du 6eme ouvrage de Nadjou Abdelfatah. Cet enseignement de français qui est lui-même victime d’être refoulé dans les établissements publics, prouve la faiblesse patriotique des Comores….


Après la publication en 2012 de « si les comoriens s’étaient trompés de religion », Nadjloudine Abdelfatah, natif de M’béni et enseignant de français dans une école privée,  vient de sortir son 6eme roman. «Victimes d’être comoriens » est un ouvrage qui, « à la première lecture, vous fait découvrir les agrégats d’un Etat en perdition et d’une population psychologiquement en perte de confiance de soi », atteste Hamidou Saïd Ali, un passionné de ce livré d’ailleurs cité à la page 35 comme l’un des multiples exemples de ces victimes « de la coutume comorienne », selon les termes de l’auteur.

Dans ce livre de 48 pages, « Victimes d’être comoriens », l’auteur ne voulait que déverser l’encre de sa plume. Partant de la médiocrité vers la corruption, érigées en système de gouvernance aux Comores, Nadjlou veut dénoncer l’inertie et le manque de créativité des élites, toutes catégories confondues, la diabolisation du mérite dans l’administration en adoptant le système axé sur la sexualisation ou « le droit de canapé », qui, d’après lui, est assimilée à « cette promotion canapé institutionnalisée. C'est-à-dire officialisée », lit-on à la page 37.

L’auteur, père de 3 enfants qui est l’un des rares jeunes comoriens qui militent pour la reconnaissance d’un intellectualisme digne de ce nom, dans cette société où le questionnement est un crime social, passe en revue la richesse abandonnée des Comores modernes dont la culture, l’art et le sport pour espérer une prise de conscience des autorités politiques. Il rejette toutefois l’idée d’une fatalité de vivre et de subir les conditions précaires du pays de naissance pour une justification patriotique.

« Nul n’a choisi où naitre ; le destin accomplit son œuvre de peuplement (…). Par conte le fait de continuer à vivre sur le territoire de naissance (…) dépend de l’homme », souligne le jeune romancier dès la 1ere page ? Pour lui c’est « un choix »

La fierté d’appartenir à un pays n’est pas la même que celle de cautionner les bêtises d’un Etat. « La comorienneté est aussi un signe de faiblesse sur la capacité de lutte pour le changement, sur la gestion de l’Etat », indique-t-il avant d’ajouter que c’est aussi justifier la fainéantise de certains d’entre nous qui préfèrent la facilité dans l’exil. Il cite l’exemple d’Amir Aboubacar, comorien et maitre de conférence en mathématiques à Lille 3, lui avait déclaré que s’installer dans « mon pays risquerait de me pénaliser dans la compétition mondiale sur la recherche », écrit-il.

La fierté d’être comorien ne doit pas être réduite à un comportement déplacé d’un groupe de personnes qui a fait de l’Etat sa propriété privée. Etre fier d’être comorien c’est d’abord être fier de soi-même et de ce qu’on est. Et « être victime c’est cesser d’agir, et de lutter et pourtant le combat ne finira jamais ». L'auteur dans son style d'écriture continuera toujours d'animer le débat sur le devenir de la société comorienne dont lui-même fait partie.

 

Ibnou Med Abdou

 

 


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