« Comme beaucoup, j’ai vu se multiplier les intimidations, les arrestations, les scénarios d’impunité, depuis des mois. Comme beaucoup, j’ai attendu de comprendre ce qui était réellement en jeu. Et comme beaucoup, je m’étonne de ce qui vient de se passer sous nos yeux. Il n’est même plus question de lois, dans la geste de ce tribunal d’exception.
J’y entrevois plutôt les graines d’une instabilité à venir. Qu’est-ce qu’on veut faire porter comme responsabilités au président de la république ? Après des années d’accalmie apparente, des représentants désignés de l’autorité nationale viennent, sans le crier sous les toits, d’inscrire nos pas dans une spirale de violence, qui ne dit pas son nom. Je sais que beaucoup s’indignent sur la toile, par principe. Je sais aussi qu’il est de bon ton de se ranger du côté des condamnés, pour la forme. Mais je me demande sincèrement à quoi riment tous ces nouveaux jeux de rôle, face auxquels nous paraissons si démunis ? On nous préparerait un chaos qu’on ne s’y prendrait pas autrement ! Comme beaucoup, j’ai dû mal à saisir le fin mot de toutes ces histoires. En même temps, je reste persuadé d’une chose. Il est des incendies que l’on gagne à ne pas provoquer. C’est pourtant ce que nous sommes en train de vivre, dje makawakibu pvo ziraruni hau dje masera ya panda. Rirwa rimi, pendant qu’on nous ressort un langage digne du temps des travaux forcés ».
Soeuf Elbadawi, artiste et auteur.
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