À quelques jours de la sortie de “Chapitre IV – Ngamzio”, prévue pour le 7 août prochain, Géré El-Mourad dévoile un projet à la fois introspectif et engagé. Entre métaphore pédagogique, récit personnel et regard critique sur la société, l’artiste comorien poursuit une œuvre construite comme un parcours, où chaque projet devient un chapitre à part entière.
Avec Chapitre IV – Ngamzio, Géré El-Mourad inscrit son nouveau manifeste musical dans une continuité artistique assumée. Le choix du terme “chapitre” n’est pas anodin. « C’est mon 4ᵉ projet, il est baptisé Chapitre, faisant référence à mon parcours professionnel d’enseignement », explique-t-il. Une manière de structurer son œuvre comme un livre ouvert, où chaque étape raconte une évolution, personnelle et artistique. Le visuel, marqué par un tableau noir et une écriture à la craie, renforce cette dimension pédagogique. L’artiste y apparaît de dos, micro à la main, comme à la fois enseignant et performeur. « Ça parle de ma vie quotidienne, ma routine, cours le matin et scène le soir. Un mariage entre l’éducation et l’art, l’école et la scène », confie-t-il. Une dualité qui résume son identité. « En résumé, c’est Géré El-Mourad et Foundi Soundi ». Mais derrière cette mise en scène se cache une réflexion plus profonde.
Le titre Ngamzio intrigue et interpelle. Pour en saisir toute la portée, l’artiste invite à revisiter ses précédentes productions. « Du premier au dernier, j’ai mangé puis été rassasié (Tsi Kura), j’ai vomi (ngamrapviho), j’ai dégusté le reste (Nkahe), et maintenant j’arrête de manger (Ngamzio) », explique-t-il. Une métaphore forte qui traduit une évolution marquée par l’expérience, la saturation et, désormais, une forme de rupture. Ngamzio, précise-t-il, est « l’écho d’une vérité qui dérange ». Cette “vérité” est au cœur du projet. Elle s’inscrit dans une démarche presque investigative. « Après une investigation d’une enquête personnelle, je vous envoie un océan de témoignages, un royaume de paroles », affirme l’artiste. Le projet se présente ainsi comme « une feuille de route, un bilan », où « des vérités vont se dévoiler et des secrets vont se révéler ». Plus qu’un simple projet musical, ce chapitre se veut telle une prise de parole, « une réponse avant toute question ».
La posture de l’artiste, visible sur le visuel, n’est pas anodine. De dos, en train d’écrire, il incarne à la fois le narrateur et le témoin. Un positionnement qui traduit son engagement, aussi bien dans l’éducation que dans l’art. « Un engagé de l’éducation. Un artiste engagé », résume-t-il simplement. À l’approche de sa sortie, prévue le 7 août 2026, Géré El-Mourad annonce un projet ambitieux, composé de 20 titres répartis en deux parties. Le public est invité à découvrir « un nouveau Géré, un nouveau style, une nouvelle transmission de connaissances », mais aussi une ouverture à d’autres univers. Le projet réunit notamment plusieurs figures de la scène comorienne, dans une volonté de collaboration et de diversité artistique. Entre slam engagé, narration personnelle et dimension universelle, Chapitre IV – Ngamzio s’annonce comme une œuvre dense, construite et réfléchie. Un projet qui ne se contente pas de raconter, mais qui questionne, interpelle et transmet. Avec ce quatrième chapitre, l’artiste ne ferme pas un livre. Il en approfondit le sens, en invitant le public à lire entre les lignes, là où se nichent les vérités les plus dérangeantes.
Mohamed Ali Nasra
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