Le secteur de l’artisanat franchit une étape historique. Sous l’égide du ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Artisanat, Daniel Ali Bandar, les parties prenantes se sont récemment réunies pour une validation technique des orientations de la nouvelle Politique nationale de développement de l’artisanat. Ce document ambitionne de transformer un patrimoine vivant en un moteur de croissance économique durable.
L’artisanat est bien plus qu’une simple activité culturelle. Il constitue un rempart contre le chômage des jeunes et un levier d'autonomisation des femmes. Cependant, le diagnostic actuel révèle des fragilités persistantes comme l’existence d’un secteur informel massif et un manque de structuration du secteur, un accès limité au financement et aux marchés, tant locaux qu'internationaux, un déficit de formation professionnelle et de certification et une absence de protection sociale pour la majorité des artisans. Pour y remédier, le gouvernement s'appuie désormais sur deux instruments majeurs dont le Code de l’Artisanat (déjà promulgué) et cette nouvelle Politique nationale.
La vision du gouvernement est de faire de l’artisanat un secteur moderne, compétitif et créateur d’emplois. Cette ambition repose sur cinq piliers stratégiques que sont le renforcement institutionnel et juridique par la mise en place d’un registre national des artisans et d’un guichet unique électronique pour faciliter la formalisation, le développement des compétences par la création de centres de formation dédiés et mise en place d'un système de certification des compétences et de l’apprentissage. En outre, il y a l’accès au financement par la création d’un Fonds national de soutien à l’artisanat et mobilisation de la diaspora pour investir dans le secteur, les infrastructures modernes par la construction d’espaces dédiés pour améliorer la productivité et les conditions de travail et la promotion et accès aux marchés par la valorisation du label « Artisanat comorien » et l’intégration du secteur dans la chaîne de valeur du tourisme.
La mise en œuvre de cette politique nécessite un investissement global estimé à 16,6 millions de dollars sur 5 ans. Pour atteindre cet objectif, l'État compte sur une synergie entre les ressources publiques et l'appui des partenaires techniques et financiers tels que l’Union Européenne, la Banque Mondiale, la BAD, l’AFD, la BID le PNUD, l’UNESCO et d’autres. Au-delà des chiffres, il s'agit de protéger l'identité nationale car comme l'a rappelé le secrétaire général du ministère de l’Économie, des initiatives comme le label « Authentic Comoros » visent déjà à mondialiser l'image de marque des produits locaux. À terme, cette politique doit permettre une augmentation significative du nombre d'artisans formalisés, une hausse de leurs revenus et une contribution accrue de l'artisanat au Produit Intérieur Brut (PIB) des Comores. Le Ministre a d'ores et déjà appelé à une coordination renforcée pour que l'artisanat ne soit plus perçu comme un secteur du passé, mais comme un levier puissant pour l'avenir du pays.
Mmagaza
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC