Après avoir décroché le prix Kartala 2022, Mlemengou Yassine vise à évoluer dans le monde du cinéma, un monde tout simplement fascinant. « Tsozi » son court métrage, est un succès et il espère que ce film qui relate l’avortement clandestin va briser un des tabous qui ont la peau dure dans le pays.
Il a remporté haut la main le prix Kartala 2022 du meilleur film court-métrage comorien à l’issue d’un concours organisé par l’Union européenne en collaboration avec le gouvernement. Mlemengou Yassine, puisqu’il s’agit de lui, ne peut qu’être aux anges. Ce jeune producteur a eu le courage de briser, dans son court-métrage, le tabou sur les conséquences de l’avortement clandestin. En effet, ce chef d’œuvre dramatique de Vision-pro dont il est le producteur et réalisateur a un message fort à adresser à la jeunesse comorienne : la conscientisation sur les risques de l’avortement. « Tsozi » comme le nom l’indique raconte l’histoire de deux jeunes amoureux livrés à leur triste sort. Face à une grossesse non désirée, les deux tourtereaux décident de l’interrompre. Mais à quel prix ?
Interrogé par nos soins, le réalisateur explique que c’est l’histoire vécue par l’un de ses amis. Faire ce film a un aspect de conscientisation à toute la jeunesse comorienne. « Grâce à ce film Tsozi, nous espérons passer un message sur le risque de l’avortement clandestin, comprendre l’importance qu’il y a à ouvrir les yeux sur tout ce qui se passe chez nous. L’avortement clandestin est un fléau qui touche le pays dans un silence pesant. Certains survivent, pendant que d’autres perdent leur vie », constate le jeune producteur.
Deux semaines. C’est le temps que Yassine et son équipe ont pris pour réaliser ce projet. « Nous avons eu quelques difficultés liées au financement, au logistique et à la préparation. Nous n’avons pas eu le temps de faire des répétitions. Au départ, ce film était destiné à être présenté lors d’un autre concours. Malheureusement, les organisateurs ont désisté. Quand on a annoncé ce concours de l’Union européenne, nous n’avons pas hésité à postuler. Heureusement, nous l’avons remporté. Et c’est une chance », renchérit le jeune homme de 25 ans qui a un tas de projets face à lui.
C’est depuis 2017 que le jeune Yassine est dans l’audiovisuel. Il avoue être un passionné du cinéma. Il est aussi le producteur du projet « Damu mbitsi », du nom d’une série produite par Vision-pro et diffusée à l’ORTC. « Je veux briller dans le monde et ce prix est un bout du chemin à parcourir. C’est motivant. Le cinéma est un monde prometteur. L’équipe est fière d’avoir remporté ce concours. Ensemble, nous arriverons à faire des merveilles dans ce pays ». Un pays qui ne soutient pas forcement ses talents.
Andjouza Abouheir
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