Après un changement de nom, qui avait vu la DGI renommée administration générale des impôts et des domaines avec une efficacité encore à démontrer, la principale administration fiscale avait retrouvé son nom initial (DGI), il y’a un peu plus de quatre ans. Empêtrée dans un scandale financier de détournement supposé de deniers publics, l’institution « recouvre », un niveau un peu plus acceptable, sous la houlette d’une nouvelle direction, qui semble vouloir enterrer la gouvernance événementielle et se tourner vers les vrais enjeux, que sont les réformes fiscales.
C’est un homme relativement peu connu du grand public et pourtant il fait partie des cadres des services des impôts, dont il a occupé plusieurs postes. Sa nomination il y’a cent jours à la suite d’un appel à candidatures, a marqué du moins dans la forme une sorte de changement avec un passé pas si lointain, qui faisait du poste de directeur général des impôts, et des autres directions de l’administration publique, une sorte de cadeau pour les amis politiques des régimes successifs, d’où une certaine légèreté et un manque d’efficacité des occupants de ces postes. Habituée à jouer dans la communication ces dernières années, la DGI devra s’adapter au caractère sobre de son nouveau patron. « Athoumani Abdou Mmadi n’aime pas l’affichage médiatique, non pas qu’il n’aime pas la presse, au contraire, il la respecte », nous a confié un connaisseur de la maison. Et ce dernier d’ajouter : « Avec lui, ce sont les résultats qui guident la communication et non l’inverse. » Et en croire les bruits de couloir, le nouveau patron des lieux est en train d’imprimer sa marque, notamment une volonté de collaboration avec les autres directions du ministère des finances.
Engagé dans des réformes profondes de l’administration à travers la direction générale de la modernisation de l’Etat (DGME), le ministère des finances compte faire de la DGI un modèle de réussite dans ce nouveau processus qui a mis la numérisation et la digitalisation de l’administration publique au cœur des enjeux de demain. Des esquisses de collaborations ont été déjà enregistrées entre les deux directions notamment dans l’intégration de la télé-déclaration, le payement électronique des impôts, ou encore la modernisation des outils de recouvrement. Une question reste tout de même en suspens, celle de la capacité du nouveau directeur et ses services à augmenter les recettes de l’Etat. Un chemin qui doit passer forcément par l’élargissement de l’assiette fiscale, et une optimisation des recouvrements, gages d’une viabilité budgétaire. Si jusqu’à maintenant cet élargissement de l’assiette peine à se concrétiser, le Fonds monétaire international dans son rapport de la quatrième revue FEC, appelle les autorités à redoubler d’efforts pour atteindre cet objectif : « mettez en œuvre des mesures à court terme pour augmenter le recouvrement des recettes intérieures ».
Le nouveau directeur doit aussi veiller à plus d’efficacité au niveau du recouvrement. Car, si l’élargissement de l’assiette fiscale demeure un maillon essentiel de la chaîne, la capacité de recouvrement reste l’élément moteur « l’exécution de la politique reste difficile en raison de la faible capacité administrative et d’un secteur informel important », comme le fait observer le FMI. Pour avoir été chef de recouvrement dans le passé, Athoumani Abdou Mmadi, possèderait-il la recette miracle pour-cela. Seul l’avenir nous le dira … En tout cas il a déjà souligné sa vision lors du récent atelier de formation sur les prix de transferts en faveur de plusieurs cadres de sa direction. « L’objectif de cette formation est de donner à nos agents les outils nécessaires leur permettant de recouvrer efficacement les impôts des multinationales implantées dans notre pays », une autre façon d’élargir l’assiette et d’assurer efficacement les capacités de recouvrement des agents.
Imtiyaz
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