Le gouverneur sortant de la Banque Centrale des Comores, Inoussa Imani a été reconduit dans ses fonctions de patron de cette institution par décret du président de la République datant du 1er février dernier. Ce mardi, il a tenu une conférence pour faire le bilan de ces 5 ans à la tête de la BCC mais aussi des orientations pour 2022 à 2027.
« Dr Inoussa Imani est renouvelé dans ses fonctions de gouverneur de la Banque Centrale des Comores pour un mandat de cinq ans », précise le décret du président de la République datant du 1er février dernier. Ce mardi 15 février, le patron de la BCC a organisé une conférence de presse pour faire le bilan des cinq années à la tête de la BCC, mais aussi pour tracer les orientations de la Banque pour 2022 à 2027. Inoussa Imani estime que beaucoup a été fait depuis sa prise de fonction le 7 février 2017. Dans son intervention, il s’est beaucoup attardé sur les orientations de la banque de 2017 à 2022. Il a ainsi parlé d’une supervision bancaire dynamique et préventive, une inclusion financière progressive, un mécanisme de paiement régulier des salaires et modification de la politique monétaire, une intensification des actions de lutte anti-blanchiment, une augmentation des avoirs extérieurs et des résultats de gestion de la BCC et de la modernisation de la banque.
Le gouverneur de la BCC a montré une évolution des crédits et des dépôts. Sur les dépôts, on note 155 milliards de francs en 2021 contre 103 milliards en 2016 soit une hausse de 51%. Pour les crédits, ils sont passés de 78 milliards en 2016 à 97 milliards en 2021 soit une hausse de 24% des crédits bruts à l’économie. Sur l’évolution de la situation bancaire, le taux de créance douteuse a légèrement diminué passant de 21% en 2016 à 17% en 2021. Et cela est dû à la mise en place d’une commission ad’hoc (finances, justice et BCC).
Sur le mécanisme de paiement régulier des salaires, le gouverneur de la BCC a réussi à rétablir la confiance entre les banques et l’Etat en établissant une convention tripartite (ministère des finances, banques et BCC). « Grâce à cette convention, les salaires des fonctionnaires sont payés régulièrement, même des fois en avance », précise-t-il, avant d’ajouter que « cette confiance rétablie entre les banques et l’Etat ouvre une porte à la création très prochainement d’un marché des titres (bon de trésor) ». Et selon le gouverneur, elles (les banques) sont nombreuses à vouloir intégrer le système de paiement des fonctionnaires.
Le gouverneur de la BCC fait observer que les transferts de la diaspora ont fortement augmenté. Ils sont passés de 67,7 milliards en 2016 à 130,5 milliards en 2021 soit +93%. « Les envois de fonds de la diaspora ont presque doublé en 5 ans », dit-il. Concernant les avoirs extérieurs, il y a eu une augmentation de 74% entre 2016 et 2021. Et ce n’est pas tout. De 2016 à 2021, les résultats de la gestion interne de la BCC sont passés de 447 millions FC à 2,1 milliards FC.
Et pour les chantiers de 2022 à 2027, la banque centrale prévoit une réforme de ses statuts pour s’aligner avec les autres banques centrales de la zone Franc. Elle prévoir aussi la mise en place d’un fonds de garantie, la création de la banque postale, la privatisation de la BDC et la BFC et poursuivre son travail sur l’inclusion financière et la modernisation du système de paiement et de digitalisation. La BCC annonce la création et développement d’un marché interbancaire et la mise en place d’un marché des titres financiers, notamment les bons de trésor. Elle compte aussi se fixer sur la mobilisation de l’épargne comorienne de la diaspora à travers la bi-bancarisation. Elle annonce enfin des travaux d’extension de l’agence de la banque centrale à Anjouan.
Nassuf Ben Amad
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