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des Comores

Blanchiment d’argent et Financement du terrorisme / Les Comores se préparent à la lutte contre le fléau

Blanchiment d’argent et Financement du terrorisme / Les Comores se préparent à la lutte contre le fléau © : HZK-LGDC

Le GIABA, les ministères de l’Intérieur, de la Justice et des Finances ont lancé, hier mercredi à Moroni un atelier sur l’évaluation nationale des risques de blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme. Les participants auront trois jours pour échanger sur les sujets.


Le gouvernement comorien et le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), avec l’appui de la Banque Mondiale, du COMESA, de l’Union Européenne ont lancé un atelier sur l’évaluation nationale des risques de blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme. Dans son intervention, le ministre des Finances et du Budget montre que cette lutte est un enjeu majeur pour la réalisation du développement dans des conditions optimales et transparentes. Conscient des faiblesses et de la vulnérabilité aux risques de blanchiment de capitaux, l’argentier de l’Etat admet que cela est dû en grande partie à la faible bancarisation des activités économiques, doublée du poids des transferts de la diaspora. « L’émergence du pays ne saurait être une réalité que si la corruption n’est pas efficacement combattue, si des règles claires et réalistes ne sont pas élaborées et mises en œuvre pour régir notre économie, ou sont transgressées et détournées au risque d’exposer le pays aux diverses mafias qui risqueraient ainsi de séquestrer l’économie nationale et le secteur bancaire », lance Said Ali Said Chayhane.

 

Pour ce qui est de l’arsenal juridique pour condamner les acteurs de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme, l’argentier considère la Cellule de Renseignements financiers comme organe central dans la lutte contre ce fléau et cite les lois Anti-blanchiment et bancaire respectivement du 28 juin 2012 et 12 juin 2013, la Circulaire de la Banque Centrale des Comores de 2011 sur les déclarations d’opérations suspectes, le nouveau Code Pénal et le nouveau Code de Procédures Pénales de 2014 comme principales armes. « On n’est jamais véritablement performant que lorsque le droit dicte la conduite, face à des ennemis très souvent invisibles », acquiesce-t-il en affirmant que « les recommandations formulées par le groupe de travail sur l’évaluation et la conformité à l’égard de notre pays sont prises en considération, et seront mises en œuvre ».

 

Pour sa part, le représentant de la Banque Mondiale rappelle que le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme freine, déstabilise et bloque le développement économique des pays. De ce fait, il exhorte les autorités comoriennes de mettre les bouchées doubles pour lutter contre ce fléau et met en contraste l’exposition géographique de l’archipel et appelle à « améliorer la compréhension collective des différents acteurs, société civile, acteurs financiers et autorités gouvernementales ». Ainsi, il annonce qu’à travers cet atelier de formation, des nouvelles méthodes qui seront en avant permettront de collecter, d’identifier et trier les transactions financières pour protéger les Comores. Cet atelier de formation, qui est le premier sur le territoire national, va être l’occasion pour les bénéficiaires de « prendre la mesure des risques auxquels le pays est exposé ».

 

A.O Yazid

 


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