La Gazette

des Comores

Bras de fer entre le patronat et la douane

Bras de fer entre le patronat et la douane © : HZK-LGDC

Dans un entretien accordé à La Gazette de Comores, le président de la Nouvelle OPACO, Mahamoudou Ali Mohamed s’indigne contre la pratique illégale de la direction générale des douanes consistant à augmenter sans cesse les taxes pour accroitre ses recettes. Il appelle au respecte des lois.


Depuis quelques jours, un bras de fer s’est installé entre la direction des douanes et Amine Kalfane. Un des plus grands importateurs du pays, ce commerçant se trouve confronté à des difficultés de dédouanement de ses marchandises, dont des conteneurs de cigarette Pall Mall et Benson. Au port de Moroni, le patron d'AGK s’est vu imposé par la direction générale des douanes de payer la faramineuse somme de 91 millions francs comoriens, que ce dernier a refusé de payer. Interrogé, le président de la Nouvelle Opaco (Organisation patronale des Comores) juge cette somme anormale au vu des droits de douane en vigueur.

 

« Puisque c'est une opération que AGK fait depuis plusieurs années, il a calculé la valeur de dédouanement de sa marchandise en conformité aux sept taxes douanières. Comme on connaît le taux de chaque taxe, AGK a apporté une facture de 70.378.839 kmf. Mais arrivé à la douane, on lui a fait injonction de payer 91.00.000.000 kmf, soit 20 millions de plus. Une somme qu’il n’a pas accepté de régler », explique Mahamoudou Ali Mohamed.

 

Membre de la Nouvelle Opaco, le patron d’AGK a contacté l’organisation pour suivre cette affaire. « Moi en tant que président, j'ai contacté le directeur des douanes Kamalidine Soeuf et ce dernier a reconnu l'erreur tout en recommandant à AGK de dédouaner sa marchandise sur la valeur normale. Mais lorsque AGK s'est rendu à la douane, on lui a encore exigé la somme de 91.00.000.000 kmf », précise-t-il.

 

Par courrier, le patron de CBE a recontacté le directeur des douanes pour le sensibiliser sur la question et trouver une issue favorable. Mais la réponse du puissant patron de la douane est négative. « Il m'a donné une réponse très désagréable. Et je n'ai eu d’autre choix que de remonter le dossier à ses supérieurs hiérarchiques tels que les ministres des finances et de l'économie jusqu’au chef de l'Etat, dit-il. Mais jusqu'à lors, seul Houmed Msaidié, le ministre de l'économie m'a rappelé que la douane reconnaît son erreur tout en montrant qu'une solution à cette affaire est en cours de réflexion. Nous espérons, a dit le ministre trouver un terrain d'entente dans les meilleurs délais ».

 

Dans sa réponse, Kamal Soeuf appelle Amine Kalfane à payer la somme réclamée par la douane et engager une procédure par la suite pour le remboursement du trop perçu. Une réponse qui n’a pas satisfait le patron des patrons. « En ce qui nous concerne, on lui a dit de garder la marchandise car nous n’allons pas payer cette somme de plus 91 millions », martèle-t-il.

 

Mis au courant par le Syndicat National des Commerçants (SYNACO), le patron de la Nouvelle Opaco à fait savoir que d'autres commerçants sont dans la même situation qu’AGK. C'est dans ce cadre qu'il demande à la douane de respecter la loi de finances. « Je dénonce la pratique illégale mise en marche à la douane pour augmenter ses recettes. Elle (douane) répond que des commerçants falsifient les factures douanières pour retrancher la valeur. Cette procédure est hors la loi car sa mission est de contrôler les trafics pour les punir mais pas de violer les règles douanières au détriment des commerçants ». Dans le cas contraire, il n’est pas exclu que les commerçants déclenchent une action de protestation, « ce qui serait une catastrophe pour tout le monde », conclut-il.

 

Nassuf Ben Amad

 


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