La Gazette

des Comores

Contrôle FOP : Une enquête de proximité pour assainir le fichier de la FOP

Contrôle FOP : Une enquête de proximité pour assainir le fichier de la FOP © : HZK-LGDC

Le directeur administratif et financier de la Cour suprême estime pour mener à bien les missions de contrôle des agents de la Fonction publique, une enquête de proximité est plus que nécessaire.


Le Président de la République a signé le 09 mars dernier un décret portant création d’une commission d’enquête sur les opérations irrégulières de gestion des agents de l’État. Une commission instituée auprès du ministère de la Fonction publique selon l’article premier dudit décret. Miftahou Athoumani, directeur administratif et financier à la Cour suprême donne son avis sur cette initiative. Connaisseur du monde des finances publiques, cet ancien porte-parole et président de la commission des finances du Conseil de l’île de Ngazidja, le parlement insulaire disparu de la liste des institutions depuis la réforme constitutionnelle de juillet 2018, aborde d’abord la forme de ladite commission avant d’analyser le fond.

 

« Je suis convaincu que dans la composition de cette commission, il devrait figurer un représentant du syndicat de la santé comme ce fut le cas pour le secteur de l’éducation car ces deux départements sont les plus chauds. C’est dedans où il y a les zones d’ombre à révéler », explique-t-il en montrant que les agents de l’Etat travaillant dans les différentes institutions sont faciles à détecter contrairement à ceux du secteur de la santé et/ou de l’éducation car, poursuit-il, « nombreux sont ceux qui sont délocalisés dans les villes et villages ». « Pour mener à bien ces opérations de contrôle, une enquête de proximité doit être effectuée. C’est de cette manière que les faux agents pourraient-être détectés. Il faut que dans chaque école ou centre de santé, les membres de la commission se rendent pour demander un acte de recrutement pouvant justifier l’entrée de l’agent à la FOP et certifier chaque paiement sur chèque ».

 

Également ancien membre de la commission de vérification des comptes (CVC) sous Azali I,  Miftahou Athoumani cite aussi l’article 6 du décret limitant la durée de la commission. Selon lui, « une durée de trois mois est trop peu pour un tel travail ». « Même s’il est stipulé que cette échéance peut être prorogée en cas de nécessité, je trouve cette durée très courte. Ce sont des gens sélectionnés dans la commission pour ne rien faire et toucher des perdiems gratuits mais n’atteindront pas les objectifs escomptés. Le délai minimum devrait être entre six mois et un an prorogeable », avance-t-il.

 

Loin de la mise en place de cette commission, Miftahou Athoumani revient sur les recrutements au sein de la FOP. Ce dernier dénonce des pratiques illégales et illégitimes. « Plusieurs recrutements se font par remplacement et cela n’existe pas car un matricule ne peut pas se transmettre d’une personne à une autre. Il s’agit d’un délit dont les auteurs ne sont autres que celles et ceux qui sont chargés de la FOP, surtout au niveau des îles », dit-il.

 

A.O Yazid

 


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