La Gazette

des Comores

Coopération régionale « Réussissons ensemble l’intégration de nos économies insulaires ! »

  •  
  •   admin
Coopération régionale « Réussissons ensemble l’intégration de nos économies insulaires ! » © : HZK-LGDC

Nos territoires indianocéaniques n’ont pas d’autre choix que de créer de la valeur localement et l’inscrire dans les chaînes régionales et internationales. C’est donc à ces niveaux que les pouvoirs publics, les entreprises et leurs organisations professionnelles doivent unir leurs forces, pour y prendre part. L’Union des Chambres de Commerce et d’Industrie de l’Océan Indien s’y emploie, sous la présidence de Pascal Plante qui expose ici ses convictions et son plan d’actions.


Alors qu’en Europe et aux Etats-Unis, certains semblent tentés par des stratégies de repli, la majorité des parties concernées par les échanges économiques entre les îles de l’océan Indien s’accorde sur la nécessité d’œuvrer en faveur d’une intégration régionale approfondie. Et de viser bien plus que des économies d’échelle. Le commerce est généralement enrichissant au-delà du plan comptable. Est-il suffisant pour que les entreprises indianocéaniques s’organisent en clusters ou en joint-venture afin de se projeter en groupe à l’international ? Donne-t-il l’audace d’y aller à leurs dirigeants, trop souvent plongés dans la solitude des urgences de la gestion ? Mon expérience me conduit à répondre négativement.

 

Dix ans après avoir été parmi les fondateurs de l’Union des Chambres de Commerce et d’Industrie de l’Océan Indien (UCCIOI) et en exerçant aujourd’hui les fonctions de président, ma conviction est que les archipels des Comores et des Seychelles, les îles de la Réunion, Maurice et Madagascar doivent intégrer davantage leurs économies. Leurs entrepreneurs ont intérêt à renforcer, élargir et multiplier les partenariats. De nouveaux défis sont à relever ensemble pour que les champions d’aujourd’hui et de demain soient à même de saisir les opportunités qu’offrent l’émergence des marchés africains, lesquels parient aussi sur l’intégration, notamment avec la mise en application de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC).

 

Dans le but d’accompagner nos entreprises et leur éviter d’être bloqués par des barrières inattendues, pour les aider à trouver leur place au sein des nouvelles chaînes de valeur qui se structurent autour des besoins de marchés élargis et des attentes de sociétés en pleine transition énergétique, notre organisation professionnelle doit réaffirmer son rôle décisif pour le développement économique régional. Pour cela, lors d’un atelier de travail organisé les 24 et 25 janvier dernier à Maurice, toutes les composantes de l’UCCIOI se sont accordées sur de nouvelles orientations stratégiques. Elles visent à hisser à un niveau international étendu – COI et COMESA d’ores et déjà – son rôle d’animateur du dialogue public-privé et de facilitateur des affaires.

 

Depuis sa création, dans le sillage des premières éditions du Forum économique des îles de l’océan Indien, l’UCCIOI identifie les opportunités de partenariats, en stimulant les dynamiques collectives existantes, en en initiant de nouvelles – notamment dans les secteurs du développement durable, de l’agroalimentaire, du numérique ou la gestion des déchets – et en renforçant les capacités commerciales de leurs acteurs. La plateforme OcéanIndien.Biz que nous avons lancée à la fin de l’année dernière et la création dans les prochains mois d’un nouvel événement de référence dans les relations B2B nous permettront, avec le soutien de l’Agence Française de Développement, de mener une action la plus proche possible des nouveaux enjeux, complémentaire d’autres organisations et surtout davantage tournée vers l’appui aux entreprises. Ainsi, au niveau régional, nous voulons aujourd’hui encore mieux partager nos connaissances, mutualiser nos compétences et nous inspirer des bonnes pratiques que nos champions développent individuellement ou en équipe. C’est notre façon de développer la confiance nécessaire pour innover et sortir de l’isolement. 

 

Pascal Plante, UCCIOI

 

« Pour mieux insérer les Comores dans le commerce mondial ! »

« Les Comores attendent beaucoup de la stratégie renouvelée de l’UCCIOI visant à accompagner les entreprises de la région au plus près de leurs besoins pour s’insérer dans les chaînes de valeur internationales. C’est valable dans le domaine des relations B2B, où nos producteurs d’huiles essentielles sont à la recherche de partenaires en amont dans les R&D, comme en aval dans la valorisation et la distribution. Ça concerne aussi le dialogue avec les pouvoirs publics, pour faciliter la levée des barrières non tarifaires. Les îles de l’océan Indien n’ont certes pas les mêmes niveaux de développement, soutient Fakriddine Abdoulhalik, le secrétaire général de l’Union des CCI des Comores, mais elles font face à des problématiques analogues en matière d’importations et d’exportations. Il existe aussi de nombreuses complémentarités qui nous voulons faire valoir. C’est pour cela que nous sommes forcément très impliqué dans la réussite des projets de l’UCCIOI. »  

Fakriddine Abdoulhalik

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.