Des discussions ont été amorcées entre la douane, la direction des impôts et les opérateurs économiques de la place dans le but de relancer les activités économiques. Les trois jours de rencontre entre le ministère des finances et ces opérateurs économiques ont permis de rétablir la confiance ébranlée ces derniers temps par une série de mesures jugées asphyxiants pour les importateurs.
Avec une vingtaine de revendications, toutes satisfaites d'après Ahmed Bazi, les opérateurs économiques de la place avaient de quoi afficher une bonne mine à la sortie de ce troisième round du dialogue public-privé, à l'initiative du ministère des finances. « L'important, c'est qu'on a commencé par un dialogue de franchise. Tous les points ont été satisfaits; certains devront être mis en exécution immédiatement et d'autre prendront un peu de temps parce qu'il faudra des réformes, peut-être même au niveau du Parlement », a confié Irchad Abdallah, président du Mouvement des entreprises des Comores (Modec) qui a dit sa joie de voir les secteurs public et privé entamer un vrai dialogue. « Il peut toujours y avoir des dissensions mais quand on peut s’asseoir pour trouver des solutions, on ne peut que s'en réjouir », a-t-il ajouté.
Même réaction pour Ahmed Bazi. Le président de l'UCCIA s'est dit satisfait des avancées enregistrées au cours des négociations, notamment la reconnaissance de valeur pour les cas des factures certifiées par une banque, la réactivation des facilités d'enlèvement des conteneurs et surtout, l'accord de l'administration fiscale qui a accepté d'après-lui, le principe de la charte du contribuable qui va cadrer les relations et l'imposition. « Ils ont accepté de faire un effort pour maîtriser un peu l'informel qui vient concurrencer de manière déloyale les opérateurs formels».
Pour Ali Said, gérant des magasins Sawa Prix, l'entente entre les deux administrations et les opérateurs économiques est primordiale pour éviter toutes confusions. « Avec les problèmes de rotation des bateaux, il arrive que nos commandes nous soient toutes livrées en même temps. On se retrouve alors avec sept voire dix conteneurs, et il est parfois difficile de les dédouaner d'un seul coup. On a demandé un accompagnement; et on nous l'a accordé», a-t-il fait savoir.
Said Ali Said Chayhane, ministre des finances et promoteur du dialogue, est convaincu que les discussions entre le public et le privé sont fondamentales étant deux secteurs condamnés à vivre en symbiose. « Le gouvernement peut fournir tous les efforts qu'il veut, si le secteur privé n'est plus impliqué, les résultats escomptés ne seront jamais atteints. De même, si le gouvernement n'est pas impliqué, les résultats ne seront pas au rendez-vous », a-t-il déclaré. La rencontre s'est également tenue à Anjouan avec les entrepreneurs locaux.
Maoulida Mbaé
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