La Gazette

des Comores

Grève des commerçants : Un premier round réussi

Grève des commerçants : Un premier round réussi © : HZK-LGDC

Le mot d’ordre des commerçants qui ont appelé à une grève de 72H à partir du lundi 27 janvier est largement suivi le premier jour. Les marchés ont été déserts, les quelques magasins ou supermarchés ouverts l’ont été sous la contrainte des autorités.


La réussite de la première journée de la grève est incontestable et les organisateurs en sont satisfaits. En dehors de quelques commerces ouverts sous la contrainte de la justice qui a mis à contribution les forces de l’ordre, Moroni a été désert et morne ce lundi, qu’on entendrait voler une mouche. Sur les routes, une circulation très fluide loin de ces habituels et interminables bouchons. Les passagers se faisaient rares si bien que certains chauffeurs de taxi ont préféré arrêter de travailler au lieu de « perdre du carburant en déambulant sans passager aucun ».

 

Dans les marchés de Moroni, les étalages étaient vides. La population marchande étant restée chez elle. Dans le petit marché, l’on trouvait en revanche une poignée de marchands de produits agricoles. Les autres étaient absents avec leurs produits manufacturés. Rien d’anormal car ce mouvement de grève est né de la contestation des tarifs douaniers jugés exorbitants par les commerçants.

 

Les magasins dans leur ensemble avaient baissé les rideaux. Exceptés quelques uns réquisitionnés par la justice. D’ailleurs, certains d’entre eux n’avaient pas ouvert à l’instar des hypermarchés Mag Market dont les vendeurs étaient restés chez eux. Il faut dire que cet argument n’a pas convaincu puisque le gérant desdits hypermarchés, Mohamed Keldi, a été interpellé par la gendarmerie avant d’être relâché quelques heures plus tard avec l’ordre d’ouvrir ses commerces. Un forcing qui exaspère davantage les frondeurs, lesquels promettent de ne pas en démordre avant les 72H, soit trois jours de disette qui n’ont pas l’air d’inquiéter grand monde.

 

« Si j’avais voix au chapitre je demanderais même aux marchands des produits agricoles de rester chez eux. Certes c’est nous qui allons en pâtir, mais il faut que nos gouvernants comprennent qu’ils ne dirigent pas des moutons », réagit cette dame rencontrée à Volo-Volo en train de chercher désespérément de la farine. « Si je ne trouve pas la farine, je me contenterai de la bouillie avec le peu de riz qui me reste à la maison. Mais il faut que le mouvement continue », s’enthousiasme celle qui est originaire d’Itsandra ville.

 

Le gouvernement de son côté remue ciel et terre pour mettre fin à la grève. Le hic, les autorités misent sur le mauvais cheval puisque les têtes qui étaient conviés à la table de négociations avec le ministre des finances hier dans la matinée, sont loin d’être celles qui ont déclenché la grève, et encore moins qui la contrôlent. Une méprise stratégique qui fait brasser du vent à nos augustes gouvernants. Au regard de la situation, sauf revirement du gouvernement, les deux journées de mardi et mercredi seront décisifs pour les organisateurs de la grève, tout comme ils l’ont prouvé hier lundi.

 

TM

 

 

 

 


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