La Gazette

des Comores

Le pays se dote d’une plateforme des compétences et expertises

Le pays se dote d’une plateforme des compétences et expertises © : HZK-LGDC

L’Agence comorienne de coopération internationale (ACCI) a organisé, le 27 août dernier, au commissariat chargé de la diaspora à Moroni, l’atelier de restitution de la plateforme des compétences et expertises comoriennes (PLECC), un outil stratégique de valorisation du capital humain. Cette plateforme permettra aux institutions de mieux identifier les compétences disponibles et de rapprocher les experts des institutions qui ont besoin de leur savoir-faire.


Après plusieurs mois de travail technique et numérique, la plateforme des compétences et expertises comoriennes (PLECC) est désormais finalisée. La cérémonie de restitution s’est tenue jeudi dernier, en présence du Commissaire chargé de la Diaspora, du Commissaire général au Plan, ainsi que des représentants de l’ANPI, de l’ANADEN et des autres institutions partenaires. À cette occasion, les participants ont découvert le prototype de la Plateforme et examiné son dispositif de gouvernance ainsi que la feuille de route pour sa mise en service. Cette mission a été conduite par El Amine Souef, Omar Ibn Abdillah et Aydine Ali, experts du cabinet AIRMES Communication et Conseil, sous la maîtrise d’ouvrage de l’ACCI et dans le cadre du Projet Diaspora d’Expertise France. Les trois experts ont animé successivement l’atelier de lancement du 8 avril, la session de simulation du 24 juin et l’atelier de restitution du 27 août dernier.

« La PLECC n’est pas un annuaire statique, mais une plateforme active d’appariement entre l’offre de compétences celle des experts comoriens résidents et de la diaspora inscrits volontairement et la demande émanant des ministères et agences, des sociétés d’État, des entreprises conventionnées et des partenaires techniques et financiers », explique Omar Ibn Abdillah, économiste et expert de la mission pour AIRMES Communication et Conseil. Il précise que « six catégories d’utilisateurs disposent d’un accès différencié, de l’expert inscrit au comité de pilotage, et sept modules fonctionnels couvrent la gestion des profils, la recherche et le matching, le traitement des demandes d’expertise, les tableaux de bord, la communication et l’animation de la communauté, le reporting ainsi que l’interopérabilité avec les bases partenaires ». « Le registre de 2021 avait la bonne intuition, il lui manquait le cadre. Ce que l’ACCI et le Commissariat à la Diaspora ont construit depuis avril avec le Commissariat général au Plan, l’ANPI, l’ANADEN et l’ensemble des institutions, c’est précisément ce cadre un opérateur désigné, une équipe dédiée, des rôles écrits, une plateforme souveraine. La PLECC n’appartient ni à un cabinet ni à un partenaire extérieur. Elle appartient aux institutions comoriennes qui l’ont conçue et qui la feront vivre », a-t-il précisé.

El Amine Souef, chef du cabinet AIRMES Communication et Conseil, souligne l’importance du potentiel que représente la diaspora comorienne. « La diaspora comorienne, estimée entre 250 000 et plus de 400 000 personnes pour une population résidente d’environ 900 000 habitants, concentre des médecins, ingénieurs, enseignants-chercheurs, juristes, gestionnaires et informaticiens insérés dans des institutions de référence en France métropolitaine, dans l’océan Indien et dans de nouveaux bassins, notamment au Canada, en Chine, aux Émirats arabes unis et au Sénégal », indique-t-il. Selon lui, « dans un pays où les besoins en expertise spécialisée croissent plus vite que l’offre locale, la plateforme offre aux institutions un point d’entrée unique pour identifier un expert comorien qualifié, et aux experts un canal formel et valorisant pour se rendre visibles et contribuer à l’effort national, y compris à distance ».

Pour Mohamed Elhad, directeur général par intérim de l’ACCI, la PLECC représente bien plus qu’un simple outil numérique. « Elle constitue avant tout un outil stratégique de valorisation du capital humain comorien. Elle doit nous permettre de mieux identifier nos compétences, de rapprocher les experts des institutions qui ont besoin de leur savoir-faire et, surtout, de créer des passerelles entre les compétences nationales et celles de notre diaspora », s’est-il réjoui. « Dans un pays comme le nôtre, où les ressources humaines constituent l’un des principaux leviers de développement, nous devons être capables de transformer l’expertise de nos femmes et de nos hommes en solutions concrètes au service des priorités nationales. C’est pourquoi la réussite de la PLECC dépendra de notre capacité collective à la faire vivre. Notre responsabilité, à présent, est de passer de la conception à l’action : identifier les besoins, mobiliser les compétences, faciliter les mises en relation et mesurer les résultats obtenus », a-t-il conclu.

Nassuf Ben Amad

 


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