Alors que le gouvernement ne l’a pas consulté avant la décision de faire baisser les prix des produits de première nécessité, le secteur privé ne se lasse pas de décortiquer ces mesures qui, soit dit en passant, peinent à se concrétiser sur le terrain, tant sur le plan social qu’économique.
Encore une fois le gouvernement paie les conséquences de son manque d’ouverture envers les opérateurs économiques. Lors d’une conférence de presse la semaine dernière, la Nouvelle Opaco se dit ne pas être satisfaite de la façon dont est géré la crise sanitaire de covid-19, et ce à tous les étages. D’abord parce que dans les marchés du territoire national, les fameuses mesures barrières ne sont pas respectées. Si la présidente de la Nouvelle Opaco et le syndicat des commerçants parlent des marchés c’est d’abord parce que les commerçants sont très exposés, les visiteurs encore plus.
Les organisations patronales exigent donc des mesures drastiques dans ces marchés notamment le respect de la distanciation sociale. « Notre plaidoyer pour la mise en œuvre d’un plan fort de distanciation sociale n’a pas encore réussi à faire adhérer les acteurs décisifs malgré la compréhension qu’il a pu susciter », déclare-t-elle, annonçant au passage un projet de confection d’une grande quantité de masques à distribuer à la population avec l’accord du gouvernement.
En intervenant sur les mesures économiques prises par le gouvernement et la mise en application de ces dernières, Sitti Djaouhariya Chihabidine, patronne de la Nouvelle Opaco, reconnait que les directives du chef de l’État ont été suivies notamment par l’arrêté ministériel sur la baisse des prix et l’accompagnement des entreprises. Toutefois, l’application demeure encore onirique.
« Il a été convenu que l’INRAPE devait suspendre provisoirement les agréments qui conditionnent l’import ou l’export. Il est bien dommage qu’il maintienne par ailleurs le paiement des redevances. Il s’avère qu’à l’heure actuelle, ces redevances sont perçues sur aucune base palpable et ne figurent pas dans la loi des finances », regrette-t-elle, expliquant que cette position du service de l’INRAPE « bloque » tout le processus de dédouanement et « complique » les activités surtout en cette période.
Face aux charges fixes en cette période de crise, les entreprises et en particulier vis-à-vis des salariés doivent prendre des mesures drastiques en mettant une grande partie au chômage technique, selon la Nouvelle Opaco qui rappelle qu’il a été proposé au gouvernement de « négocier avec les banques pour transformer une partie des 5 milliards de francs accordés par la réduction du taux des réserves obligatoires de 15 à 10%, pour permettre aux entreprises de disposer d’une trésorerie suffisante pour faire face à leurs charges ».
Pour ce qui est des mesures d’encadrement des prix à la consommation, pour les opérateurs la décision n’a pas respecté la tradition qui lie secteur privé et gouvernement. « Certes il est dit dans la loi sur la concurrence qu’en une telle période de crise, le gouvernement peut prendre des mesures d’encadrement des prix, mais nous regrettons qu’on ne nous ait pas consultés et que le ministère de l’économie ait décidé sur les prix sans tenir compte des commerçants surtout que certains disposent des produits d’avant ces mesures », poursuit Mme Sitti, pour qui le gouvernement doit tenir compte du marché international en cette période particulière.
A.O Yazid
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