La Banque Centrale des Comores a publié son rapport de 2020 ce mercredi 28 juillet. Le gouverneur de la BCC a montré dans le rapport que l’année 2020 était une année difficile sur les plans sanitaire et économique. Par contre les entrées de devises ont fortement augmenté passant de 80,3 milliards FC en 2019 à 106,3 milliards FC en 2020, soit une augmentation de 32,4%.
Tant attendu, le rapport de la Banque Centrale des Comores pour l’année 2020 a été remis au président de la République ce mercredi 28 juillet. Pour un volume de 114 pages, le gouverneur de la BCC a d’abord montré que l’année 2020 a été une année difficile sur les plans sanitaire et économique. « Les pays ont dû suspendre leurs activités économiques pour faire face à l’urgence sanitaire en adoptant des mesures radicales allant de la distanciation sociale en passant par le couvre-feu, à la fermeture des frontières jusqu’au confinement total de la population. Une situation inédite qui a conduit sans doute à la pire récession mondiale, jamais connue depuis la grande dépression de 1929. En effet, les retombées de la crise sanitaire mondiale causée par la pandémie de la Covid-19 ont lourdement pesé sur l’activité économique dans tous les pays. Les services marchands, en particulier dans les secteurs du tourisme et des transports ont été de loin les plus affectés », lit-on dans le message du gouverneur de la BCC. Le rapport montre par la suite que l’activité économique mondiale s’est contractée d’une manière inédite passant de 2,8% en 2019 à -3,3% en 2020 contre une projection initiale de +3,4% selon le FMI, lors de la publication des perspectives de l’économie mondiale de janvier 2020.
Sur le plan bancaire, les entreprises ayant été impactées par la Covid-19 ont bénéficié d’un rééchelonnement sans agios ni pénalités dans le remboursement de leurs prêts bancaires. Enfin la Banque Centrale des Comores a abaissé de 15% à 10% son taux de réserves obligatoires, libérant ainsi près de 5 milliards FC de trésorerie pour les établissements de crédit. Du côté des dépenses publiques, l’Etat a financé sur fonds propres, des services de santé non prévues par la loi de finances initiale. L’Etat a aussi bénéficié de l’aide des partenaires dans le cadre de la lutte contre la pandémie et pour soutenir les entreprises publiques et privées touchées par la crise. « Toutes ces mesures ont permis de limiter l’impact économique de la pandémie qui s’est effectivement révélé plus faible que prévu. Ainsi, le taux de croissance réel du PIB est estimé à 0,2% contre une projection initiale de 4,4% établie avant la pandémie », poursuit-il.
« Cette contreperformance est largement attribuable aux effets négatifs de la pandémie au niveau des secteurs secondaire et tertiaire, notamment les sous-secteurs d’hébergement & restauration et des transports. Cette contraction s’explique principalement par une baisse de la demande des services, en raison des règles de distanciation physique et de la chute du nombre de visiteurs », ajoute-t-il. En effet, le nombre d’arrivées aux frontières enregistrées en 2020 s’est fortement contracté pour s’établir à près de 7000 visiteurs contre 45 077 visiteurs en 2019.
En effet, les entrées de devises ont fortement augmenté passant de 80,3 milliards FC en 2019 à 106,3 milliards FC en 2020, soit une augmentation de 32,4%. Cette hausse s’explique par le comportement de solidarité familiale qui a toujours prévalu au sein de la diaspora comorienne en période de crise. « Combiné à la baisse des prix des importations de pétrole, la hausse de ces envois de fonds de la diaspora et celles des appuis financiers extérieurs ont contribué au renforcement de nos avoirs extérieurs qui s’établissent à 10 mois d’importations », indique le rapport.
Les perspectives économiques pour 2021 ont été au départ, marquées par la recrudescence en début d’année des cas d’infection et des décès dus à la pandémie. Cette situation a conduit à la reprise des mesures barrières et des restrictions pour lutter contre la deuxième vague de la pandémie. Toute fois, compte tenu du rebond attendu avec la vaccination à travers le monde mais aussi aux Comores et sous l’effet des mesures d’accompagnement supplémentaires du gouvernement et des partenaires au développement, on constate une relance des activités économiques. Compte tenu de tous ces éléments, la BCC projette un taux de croissance de 1,5% en 2021 après 0,2% en 2020 et 2% en 2019.
Concernant les comptes de la Banque Centrale des Comores, le bilan présente un total de 159 milliards FC au 31 décembre 2020 contre 123 milliards FC un an auparavant, soit une progression de 29,2%. Cette évolution est due à la hausse des disponibilités en devises et des créances à l’Etat pour l’actif d’une part, de la circulation fiduciaire et des engagements auprès du FMI pour le passif d’autre part. Le résultat de la BCC pour l’exercice 2020 a ainsi nettement augmenté (+80,6%) par rapport à l’année précédente. Il s’élève à 873 millions FC au 31 décembre 2020 contre 483 millions FC à fin 2019. En parallèle, les charges ordinaires d’exploitation ont diminué de 10,6% et s’élèvent à 1,9 milliard FC (frais généraux et amortissements) avec la baisse des charges liées aux déplacements à l’étranger.
A.O. Yazid
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
© : HZK-LGDC