Les collaborateurs du ministre des finances emboîtent le pas aux institutions de Bretton Woods pour saluer la performance économique enregistrée par le pays pour l'année 2017. Dans une conférence de presse tenue hier, au delà du taux de croissance de 2,7% souligné par le Fmi, le ministère revendique même, un taux de croissance de 3%, s’appuyant sur des études internes de l'Inseed et de la Cref.
Jamais deux sans trois. Après l’appréciation des institutions de Bretton Woods pour la performance économique réalisée par le pays durant l'exercice 2017, les collaborateurs du ministre des finances et du budget leur emboîtent le pas, expliquant les conditions qui ont permis cette notation. Le rétablissement de l'électricité, l'augmentation des importations, la relance de la construction des infrastructures publiques, les transferts de la diaspora sont autant de clés qui ont conduit à un tel résultat d'après les techniciens du ministère des finances.
« Beaucoup d'activités économiques ont repris grâce au rétablissement de l'électricité. Les importations ont augmenté entre 2016 et 2017, ce qui dénote une reprise des activités économiques mais aussi une reprise de la consommation », a déclaré Abou Oubeid. Le secrétaire permanent de Cref (cellule des reformes économiques et financières) note des produits de rente locaux qui ont connu des cours mondiaux très favorables « rien que le prix de la vanille, passée entre 2016 et 2017 à des paliers quand même importants. La commande publique c'est à dire les infrastructures publiques réalisées par le gouvernement ont été entamées en 2016, continuées en 2017 et vont se poursuivre en 2018 », a-t-il démontré.
Au niveau du contexte extérieur, la croissance, dit-il, a été tirée par le haut grâce au transfert de la diaspora. « Il y a eu beaucoup d'arrivées des je viens qui ont amélioré la situation des fonds de la diaspora. En prenant uniquement les transferts d'argent mais aussi les changes manuels on atteint en fin septembre dernier un montant de 42,7 milliards fc contre 39,4 milliards, ce qui démontre une hausse de 8,4% » fait-il observer.
« En matière de finances publiques, les recettes ont augmenté puisqu'elles sont passées de 38,8 milliards fc à 57,7 milliards fc, soit 46% de hausse. La cause, la forte augmentation des recettes douanières, les reformes engagées à l'Agid (Administration générale des impôts et domaines) et les meilleurs résultats des entreprises publiques », a-t-il ajouté. Et de poursuivre : « j’en profite pour souligner que l'évaluation faite pour la reforme des services de l'État par les services du ministère des finances, a présenté une situation où les entreprises publiques à elles seules ont réussi à mobiliser 106 milliards fc. Quand on sait que le budget tourne autour de 60 milliards fc, non pas parce que les services publics sont plus riches que l'État mais parce qu'ils sont laissés à eux-mêmes ». M. Oubeid laisse entendre que le chef de l'État a décidé avec le ministre des finances de mieux surveiller les entreprises publiques notamment l’utilisation des ressources pour éviter le gaspillage et orienter ces ressources vers des investissements productifs.
« En matière de dépenses la masse salariale a légèrement baissé, mais cela n’est pas suffisant. La preuve les salaires sont payés chaque mois. Et en plus l'impact de la masse salariale dans les recettes représentait il y a quelques années 60%. Cette année, c'est 45%. C'est énorme », a-t-il soutenu. A noter que des recommandations ont été faites au gouvernement comorien notamment – la création de nouveaux espaces budgétaires pour financer les investissements publics – un meilleur contrôle des dépenses publiques – et un plan de règlement des arriérés extérieurs. « On reprochait au gouvernement de négliger le paiement de la dette. Lorsque les Comores ont atteint le point d’achèvement, on a bien recommandé qu'il faut faire attention de ne pas retourner à une situation de surendettement. Et le ministre des finances, je vous certifie, a mis en place un plan de règlement des arriérés extérieurs de telle sorte que chaque mois, il y a un montant qui va rembourser la dette qui n'a pas été effacée », a-t-il assuré. D'après-lui, il y a une nouvelle reforme de cadrage macroéconomique en matière budgétaire qui serait bâtie sur les interrelations entre les grands secteurs macroéconomiques.
Maoulida Mbaé
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