La Gazette

des Comores

Système bancaire Des banques qui ne prêtent pas !

Système bancaire  Des banques qui ne prêtent pas ! © : HZK-LGDC

Des grosses sommes d’argent amassées et thésaurisées dans les banques alors que des entreprises manquent de crédit. C’est en tout cas le constat que l’on fait en lisant le bulletin du dernier trimestre de l’année 2023 de la Banque centrale des Comores. Une diminution sensible en effet a été constatée sur les prêts bancaires auprès des clients et les entreprises en particulier alors que les banques sont paradoxalement en surliquidité.


« L’activité bancaire a été marquée par une augmentation de 8,2% de la masse bilancielle des établissements de crédits, un accroissement de 5,1% des dépôts de la clientèle, un repli de 3,3% des crédits et une augmentation de 11% de la trésorerie nette » lit-on dans le bulletin trimestriel dans la section dédiée aux activités bancaires dans le pays. En lisant ces chiffres l’on déduit déjà le bon état financier des banques mais aussi les problèmes que rencontrent les clients en quête de prêt. Le constat est simple et sans appel, les banques de la place rechignent à prêter.

Au dernier trimestre de l’année dernière, les crédits octroyés par le système bancaire étaient de l’ordre de 126,4 milliards. Une situation que la BCC explique par une diminution des prêts consentis auprès des entreprises publiques. « Cette évolution est principalement liée à la baisse des crédits accordés aux entreprises publiques sur la période. En effet, le financement bancaire destiné aux entreprises publiques a baissé de 21,4% au dernier trimestre pour se situer à 13,9 milliards FC après 17,7 milliards FC trois mois auparavant en raison de la forte diminution des créances commerciales à ces entreprises » explique la BCC.

Ce même constat on le retrouve sur les crédits aux particuliers qui ont connu une légère grippe au quatrième trimestre. « De même, les crédits aux particuliers ont baissé (-3,1%) passant de 79,3 milliards FC fin septembre 2023 à 76,9 milliards FC trois mois après, reflétant la baisse des crédits à court terme qui leur sont destinés », tente de justifier les analystes de la banque des banques. Les entreprises privées sont les seules à avoir connu une augmentation dans cette même période. Selon la BCC « Les crédits aux entreprises privées ont augmenté de 7,6% pour s’établir à 28,1 milliards FC à fin décembre contre 26,2 milliards FC à fin septembre sous l’effet d’une augmentation de leurs crédits commerciaux et de leurs crédits à court et moyen terme ». Dans l’écosystème global, les crédits consentis par les banques sont dominés par ces deux secteurs de l’économie, car « en termes de structure, les crédits à la clientèle restent dominés par ceux aux particuliers et aux entreprises privées ».

Autre indication, c’est le changement de périodicité. Autrefois « dominés par les crédits à court terme » le dernier trimestre 2023 « les crédits injectés par le système bancaire sont dominés par ceux à moyen terme. Cette situation a été tirée de la forte progression des crédits à moyen terme accordés aux entreprises privées sur la période. » Ainsi, de 51,4 milliards FC en septembre, les crédits à court terme ont connu un sérieux recul (24,3%) pour s’établir à 38,9 milliards en décembre 2023. Même constat pour les crédits à long terme qui ont connu une petite baisse de 800 millions FC. « Les crédits à long terme ont légèrement baissé (-2,6%) pour se situer à 29,2 milliards FC contre 30 milliards FC à fin septembre », note le rapport. Dans le même temps, les crédits à moyen terme ont presque doublés, passant de 27,5 milliards FC à fin septembre à 41,3 milliards FC trois mois après, soit un accroissement de 49,9%, nous fait dire la BCC. Quant aux créances douteuses souvent citées pour justifier la réticence des banques à prêter, elles ont connu une légère amélioration à en croire les chiffres. « La qualité du portefeuille s’est améliorée au dernier trimestre 2023 faisant passer le taux de créances douteuses de 14,9% à fin septembre à 12,2% à fin décembre. Ce résultat est porté par le repli des crédits douteux qui sont passés de 19,4 milliards FC à 15,5 milliards FC sur la période (-20,5%) ».

Imtiyaz

 


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