La Gazette

des Comores

Habari za udunga / Mayotte : Une insécurité à plusieurs étages

Habari za udunga / Mayotte : Une insécurité à plusieurs étages © : HZK-LGDC

Proverbe sénégalais : « Je me méfie de l’étranger qui vient décider, à ma place, des solutions aux problèmes de mes propres greniers. ».


Les événements qui se produisent à Maoré depuis un certain temps amènent les analystes sous les cocotiers et autres gaulois à proposer des analyses sur une situation qui semble hors norme. Et Monsieur Idriss Mohamed connu pour son leadership pour le retour de l’ile dans la mère patrie, se demandait si tout le monde ne perdait pas le nord sur cette question. Il avait pris l’exemple d’une « maoraise » qui demandait l’expulsion des « étrangers » alors qu’une partie de sa famille était constituée des gens originaires de l’île d’Anjouan.

 

Et effectivement on pourrait donner raison à Idriss Mohamed quand on entend les arguments sans tête ni queue de la part des extrémistes qui se sont accaparés du mouvement maorais par et  qui pour une bonne part ont leurs origines dans les autres iles de l’Archipel. Le cas le plus flagrant est celui de Mansour Kamardine et de bien d’autres.

 

Etre de nationalité française n’implique nullement de renier ses origines, ni de falsifier son histoire personnelle ou proférer des insultes à longueur de journées envers ses frères de sang.

 

C’est beaucoup plus, partager les valeurs de la république une et indivisible. C’est partager les devises de la république française que sont « la liberté, l’égalité et la fraternité ». Ces valeurs là, les extrémistes des barrages et autres amateurs des « decasages » ne les partagent pas. Ils les ont en horreur.

 

Mais comment l’Etat français peut-il tolérer que l’on brûle des maisons, que l’on chasse des hommes, des femmes et des enfants pour les laisser errer dans la nature ? Non assistance à personne en danger dans pareil cas.

 

Aujourd’hui on pourrait se demander si cette situation d’insécurité n’a pas été créée de toutes pièces pour engendrer un autre type d’insécurité contre les « étrangers » qui sont à Maoré. Une insécurité à plusieurs étages.

 

Il faudrait rappeler que depuis le début du processus de décolonisation des Comores des groupuscules ont été pilotés en sous-mains pour faire barrage, un mot connu depuis des décennies, pour s’opposer à tout rassemblement des citoyens favorables à l’unité du pays. On pense aux fameux « serrer-la-main » dans les années soixante dix.

 

Aujourd’hui encore, l’histoire semble se répéter. Encore une fois un gouvernement français semble être pris aux pièges des extrémistes. Mais, il faudrait se réveiller car le monde d’aujourd’hui est un monde ouvert. Ni les autorités françaises ni ceux des Comores n’ont des recettes miracles à proposer. On se rappelle de la fameuse feuille de route qui a volé au gré du vent sans que personne ne connaisse son contenu.

 

Comme l’a dit le premier ministre français, il est temps que l’on dise aux extrémistes la vérité en face. Maoré ne peut évoluer que dans son contexte régional et pas à huit mille kilomètres de l’hexagone. Et sortir de la logique si cher à Fanon de « Peaux noires et masques blancs ». Mayotte est comorienne, tout le reste peut se discuter.

 

 

 

 


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