Dans la plupart des pays du monde, sauf chez nous diraient les mauvaises langues, tous les services commerciaux publics et privés appliquent le principe du client-roi. C’est à dire que l’on fait toujours le nécessaire pour que le client soit satisfait du service qu’il est en droit d’attendre.
Dans les îles de la lune, on est loin de ce monde-là. Au contraire, c’est le client qui doit se plier aux desiderata des prestataires de services. Il n’est pas rare qu’en taxi, on vous traîne devant une station d’essence et des fois le soleil vous rentre dans la figure pendant plusieurs minutes, tandis que le taximan ne daigne vous demander des excuses pour ce désagrément. Qu’est ce qui l’empêche de mettre d’abord l’essence avant d’aller à la pêche aux passagers ? Un jour un ami enseignant qui voulait se rendre au boulot, prend un taxi place de l’indépendance et quel ne fut son étonnement de voir le taximan se diriger vers la station de taxis de Gobadju, arrêter le moteur, descendre de voiture pour dit-il, attendre d’éventuels passagers.
Combien de fois, dans les administrations publiques, vous devez courber l’échine pour qu’on daigne vous occuper de vous ? Il n’est pas rare qu’avant de se déplacer dans une administration quelconque, l’on ne vous pose l’éternelle question : « Yekutsudjuwa mdru yiho ? ». En effet, si par malheur, vous n’avez pas une connaissance dans le service, il faut avoir le cœur solide, car devant vos yeux ahuris, vous assisterez de visu à des passe-droits sans la moindre gêne. Ne parlons plus des services comme dans les entreprises para-publiques, où l’absence de concurrence place les employés en haut d’un piédestal. Il suffit de voir comment sont gérées les permanences dans ces entreprises pour mesurer le peu de cas dont elles accordent aux consommateurs que nous sommes !
On parle souvent de reforme des entreprises publiques et de la fonction publique. Il faudrait d’abord commencer à définir cette notion de ‘’public’’. Les clients que nous sommes, sont avant tout des citoyens. Et ces citoyens ont le droit d’être traité avec égard par ceux et celles qui sont sensés être à leur service. Mais quand on perçoit la réalité, on peut émettre des sérieux doutes sur la volonté du microcosme de changer cet état de fait. Ne parlons pas des permanences des pharmacies où il est inconcevable qu’une ville comme Moroni, il n’existe le week-end, une seule pharmacie de garde et que surtout certaines de ces pharmacies ne disposent pas de la plupart des médicaments idoines.
Le malade doit prendre son mal en patience, sans jeux de mots, jusqu’au lundi. On attend toujours que les Ordres des médecins, pharmaciens et autres qui sont en place, sauront mettre un peu d’ordre dans ce maquis déambulatoire. Le client sera traité comme ‘’un roi’’ le jour où les poules auront des dents, ricane sous cape, le citoyen de base.
Mmagaza
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