Aux Comores, une réforme apparemment modeste bouleverse le quotidien : l’extension des horaires administratifs jusqu’à 17 heures. Plus qu’un simple ajustement, c’est une révolution silencieuse qui redonne aux citoyens la maîtrise de leur temps.
Pendant des années, les Comoriens ont vécu sous le joug d’un temps impitoyable. Les ministères fermaient à quatorze heures, les banques à treize heures, la Poste avant quinze heures. Chaque matinée devenait une course contre la montre : files interminables à l’état civil, attroupements pour un passeport, bousculades devant les guichets pour déposer un chèque ou toucher sa pension. C’était le temps subi, un temps qui transformait la moindre formalité en épreuve.
Puis une décision est tombée, simple mais décisive : prolonger l’ouverture des bureaux jusqu’à dix-sept heures. Et soudain, tout bascule. Le temps redevient serviteur, et l’homme maître. L’étudiant n’a plus à manquer ses cours pour récupérer son diplôme, le commerçant garde sa boutique ouverte, le fonctionnaire touche son salaire sans sacrifier sa matinée. Une angoisse quotidienne disparaît, et c’est toute une société qui respire.
Cette réforme porte en elle une modernité authentique. Les Comores démontrent qu’on peut être efficaces sans renier son âme. Le vendredi reste un jour à horaires réduits, rappel d’une fidélité culturelle : une modernité enracinée, et non une imitation servile. C’est là sa force : organiser la vie collective pour mieux servir l’homme, et non l’inverse.
Au-delà de l’organisation, c’est une révolution silencieuse. Elle prouve que les grandes transformations naissent des gestes les plus simples. Qu’une politique véritable commence toujours par l’attention aux besoins réels des citoyens. Et qu’en redonnant à chacun la dignité de son temps, les Comores rappellent une vérité éternelle : le service de l’homme est la seule raison d’être de l’État.
Msa Ali Djamal
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