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des Comores

Tribune Crise au Moyen Orient : la population au cœur des préoccupations du Gouvernement

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Tribune  Crise au Moyen Orient : la population au cœur des préoccupations du Gouvernement © : HZK-LGDC

Les tensions internationales observées ces deux derniers mois au Moyen-Orient font peser de nouveaux risques sur l’économie mondiale. Le 28 février 2026, l’escalade militaire survenue au Moyen-Orient a profondément ébranlé les équilibres internationaux. Cette confrontation directe génère de lourdes incertitudes sur la stabilité mondiale ainsi que sur l’économie internationale.


Mon propos n’est pas ici de livrer une analyse géopolitique de cette crise, mais, en ma qualité de Coordinateur de l’action gouvernementale, d’exposer les mesures engagées par le Gouvernement, à la suite de l’allocution du Chef de l’Etat, afin que notre pays puisse traverser, avec lucidité et responsabilité, cette crise socio-économique particulièrement sensible.

Les conséquences de cette dernière n’épargnent aucun État, et les Comores, en raison de notre forte dépendance aux importations, demeurent naturellement exposées à ses répercussions. Une hausse des prix des hydrocarbures est inévitable comme dans la plupart des pays, avec des effets directs sur les transports, les coûts logistiques, les prix des denrées essentielles et, plus largement, sur le pouvoir d’achat des ménages.

La situation du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part significative du pétrole mondial, demeure à cet égard un facteur de vigilance majeure.

« Gouverner, c’est prévoir »

Conscient de ces enjeux, le Gouvernement a réuni, au Secrétariat Général du Gouvernement, plusieurs cadres techniques, des représentants du secteur privé et des acteurs du transport maritime, afin d’anticiper les impacts de cette conjoncture et de préparer une réponse nationale adaptée. Au regard des données disponibles, il est apparu nécessaire de se préparer aux conséquences de cette crise, notamment sur les marchés énergétiques mondiaux.

Ces derniers jours, plusieurs interrogations ont été exprimées dans l’espace public quant aux réponses que l’État entend apporter. Ces préoccupations sont légitimes. Sans être alarmistes, ces dernières ont posé les vraies questions. Questions sur lesquelles les cadres des Ministères clés se sont penchés depuis le mois de mars. Comme dit l’adage, « Gouverner, c’est prévoir ».  C’est donc important de rappeler qu’un bon gouvernement ne se contente pas de réagir, il anticipe les problèmes pour mieux les éviter.  

Compte tenu de l’inflation mondiale, plusieurs personnalités publiques évoquent la question d’une revalorisation indiciaire afin de soutenir les ménages. Le débat mérite d’être posé avec sérieux. Encore faut-il en examiner les modalités, le périmètre et la soutenabilité budgétaire.

Faut-il revaloriser l’ensemble de la fonction publique ? Dans quelles formes devrons-nous le faire ? Avant de revoir la revalorisation des salaires, nous devrons répondre à ces questions cruciales.

Bien que de telles mesures ne soient pas écartées, il est nécessaire de les inscrire dans un plan solide à moyen terme pour en optimiser les impacts et obtenir de meilleurs résultats. C’est d’ailleurs dans ce sens que le Gouvernement a lancé les travaux d’acquisition d’un nouveau système d’information qui permettra de régler les incohérences et anomalies du système actuel.  

Une hausse moyenne de 35%

Comme cela a été dit maintes fois, la hausse des prix des produits des hydrocarbures est inévitable. Sur plusieurs scénarios, le Gouvernement a choisi celui avec le moins d’impact sur les consommateurs mais qui permettra en même temps à la SCH de continuer à assurer l’approvisionnement de nos îles, malgré un manque à gagner de plus de trois (3) milliards de nos francs par cargaison, que le Gouvernement devra supporter. 

Ainsi, comme le stipule l’arrêté conjoint portant fixation des prix de vente au détail des produits pétroliers sur toute l’étendue du territoire national, le prix de l’essence passe de 750 kmf à 1000 kmf le litre, soit une hausse de 33%, le prix du Gasoil passe de 650 kmf à 950 kmf le litre, avec une hausse de 46% et pour le pétrole lampant, le prix subventionné par le Gouvernement passe à 450 kmf le litre, soit une hausse de 28%.

Au niveau des transports routiers, le Gouvernement s’est entendu avec le syndicat des chauffeurs (Usukani Wa Masiwa) pour éviter les abus. Et sur les faits, une hausse de 25% est retenue sur tous les trajets et sur l’ensemble du territoire national, et cela en cohérence avec la révision à la hausse des produits pétroliers.

 

Maintenir l’équilibre entre les autorités et les citoyens

Le Gouvernement comorien n’écarte aucun levier d’action. Suivant les instructions du Chef de l’Etat, des arrêtés ministériels fixent les différentes mesures d’accompagnement de cette crise au bénéfice de la population et des opérateurs économiques.

Toutefois, il est à rappeler que notre priorité immédiate demeure :

-        La protection du pouvoir d’achat des ménages, y compris les plus vulnérables ;

-        La sécurisation des approvisionnements ;

-        La prévention des hausses abusives sur les Produits de Première Nécessité (PPN) ;

-        Le maintien des grands équilibres économiques du pays.

 

Ainsi, sur recommandations du Chef de l’Etat, les Ministères de l’Energie, des Finances et de l’Economie ont sorti des arrêtés détaillant les mesures d’accompagnement pour limiter les impacts sur la population, dont :

-        La réduction de 40% des droits de douane sur les Produits de Première Nécessité (PPN) tels que leriz ordinaire, la farine, le sucre, les huiles alimentaires, les volailles, les produits carnés et les médicaments représentant un coût d’environ 0,7 Milliards de nos francs ;

-        La subvention aux dépenses d’achat du carburant de la SONELEC pour maintenir la stabilité du prix du Kilowattheure (Kwh);

-        L’accompagnement des boulangers à amortir les charges de production du pain afin d’éviter une augmentation du prix de la baguette ;

-        L’élargissement de l’aide sociale aux ménages vulnérables (le projet Filets sociaux) passant de 40.000 à 60.000 ménages avec un montant total compris entre 3 et 3,2 milliards de francs comoriens ;

 

Des efforts citoyens par l’administration publique

D’autres efforts citoyens pour maîtriser le train de vie de l’Etat et réduire les dépenses publiques sont attendus des hauts cadres de la fonction publique :

-        Une ponction de 50% sur les indemnités perçus par les hauts responsables d’Etat et la classe dirigeante des sociétés d’état (une loi ou un décret en précisera les modalités) ;

-        Une réduction de la dotation du carburant des Ministres et autres cadres de l’administration publique et des sociétés d’état ;

-        La stricte limitation des voyages à l’étranger des membres du Gouvernement ;

-        La limitation des cérémonies et événements Gouvernementaux dans un environnement restreint au sein des ministères.

 

Ces efforts citoyens seront déployés pour la protection pouvoir d’achat de la population, surtout les plus vulnérables. Nous devons donner l’exemple à suivre, encadrer et accompagner la population pour empêcher la hausse extravagante des prix et maitriser ainsi l’inflation.

Avec toutes ces mesures, le Gouvernement va dépenser près de 10,3 milliards en trois (3) mois pour soutenir la population et les opérateurs économiques à faire face à cette crise.

Ces mesures ne sont pas exhaustives. Une cellule de veille sera mise en place pour une période de trois (3) à cinq (5) mois, afin d’assurer un suivi régulier de la situation, et pouvoir adapter ces mesures à toute évolution de la situation internationale et faire des propositions pour alléger les impacts sur la population, soit avec une baisse des prix ou une amélioration des mesures d’accompagnement.

 

Nour El-Fath Azali

Secrétaire Général du Gouvernement   

 

 


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