La Gazette

des Comores

Accord franco-comorien à paris / Un collectif de Mayotte visiblement très irritée par la signature

Accord franco-comorien à paris / Un collectif de Mayotte visiblement très irritée par la signature © : HZK-LGDC

À moins de 12h de la signature d'un accord cadre entre Paris et Moroni, sur un nouveau partenariat, l’île comorienne de Mayotte monte au créneau. Dans un communiqué de presse signé par Estelle Youssouffa le Collectif des Citoyens de Mayotte, s'indigne et affirme « être consterné par la signature de l'accord franco-comorien ».


« Le Collectif des Citoyens de Mayotte est consterné par la signature de l'accord franco-comorien: le président Macron et nos élus choisissent d'ignorer la volonté de la population qui a massivement signifié son refus de tout rapprochement avec les Comores », peut-on lire sur un communiqué de presse signé par Collectif des Citoyens de Mayotte. Par la voix de sa présidente, Estelle Youssouffa, il s'agit d'un retour de la scandaleuse « Feuille de route et de l'abolition des visas » avec les présidents Macron et Azali qui, selon lui, « évitent soigneusement de parler d'immigration clandestine et choisissent de faciliter l'obtention de visas pour les Comoriens et même d'accélérer les procédures... », ajoute ce communiqué publié à Mayotte, le 22 Juillet 2019 soit quelques heures après la signature entre les deux ministres, Mohamed El-Amine Soeuf et son homologue français, Jean-Yves Le Drian. 

 

Dans le document de l'accord cadre signé entre les deux ministres des Affaires Etrangères, il a été mentionné que dès que la signature de ce DCP (Document Cadre de Partenariat), la France est prête à une mobilisation inédite de ses moyens de coopération avec l'Union des Comores, de l’ordre de 150 millions d'euro sur 3 ans, dans le respect de la cohésion. Un ordre très critiqué par le président du collectif des citoyens de Mayotte. « Pire », écrit-il, avant de poursuivre que « Paris décide d'allouer 150 millions d'euros à un pays corrompu alors que cette somme aurait dû financer des intercepteurs pour nos frontières et un navire de la Marine Nationale pour protéger les eaux territoriales de Mayotte et lutter contre l'immigration clandestine ». 

 

D’après ce communiqué, ces 150 millions d'Euros auraient du payer une base navale, des postes permanents de gendarmes et de policiers affectés à la lutte contre la colonisation de Mayotte par les Comoriens. « Au lieu de cette stratégie du bon sens, Paris multiplie par dix l'aide bilatérale aux Comores alors qu'une commission de l'Assemblée nationale dénonçait en décembre 2018 la corruption qui règne à Moroni et l'incapacité pour l'Agence Française de Développement (AFD) de décaisser les fonds promis tant le gouvernement comorien est incapable de répondre aux règles basiques de bonne gouvernance... », critique-t-il, avant de déplorer que Paris choisit de faire confiance au président Azali qui vient de déclarer à l'Elysée que « Mayotte est comorienne: c'est une trahison », peut-on lire dans ce communiqué. 

 

Ce dernier précise qu'il note très bien qu'à la question  de savoir si « Mayotte restera française », « le président Macron a tenu des propos inconcevables en forme de point d'interrogation sur l'éternité, questionnant implicitement l'avenir de la souveraineté française sur le département de Mayotte », regrette-elle avant d'ajouter « qu'aucun Mahorais ne peut se satisfaire d'entendre de tels propos sur notre île dans la bouche du chef de l’Etat qui est gardien de l'intégrité nationale selon la Constitution ». Et à la fin d'une conférence conjointe, le président Macron annonce sa visite prochainement à Mayotte. Et, « il a aussi promis au président Azali de répondre à son invitation aux Comores: nous l'attendons de pied ferme », dit-il. A en croire ce communiqué, les Mahorais sont en désaccord avec l'autorité française malgré que la signature ait eu lieu devant des élus de l'île. 

 

 

 

Ibnou M. Abdou

 

 


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