La Gazette

des Comores

Affaire des lingots d’or: L’opposition déterre des non-dits

Affaire des lingots d’or: L’opposition déterre des non-dits © : HZK-LGDC

La coalition de l’opposition commente enfin le dossier dit des lingots d’or. Dans une conférence de presse tenue hier à l’hôtel Le Retaj, elle s’étonne que les « 85.000 euros » ou encore « les armes » saisies chez une des personnes impliquées dans ce trafic d’or, en l’occurrence le douanier Fardi Abodo, ne figurent nulle part dans les charges retenues contre les prévenus.


L’opposition apporte des détails « oubliés par l’appareil judiciaire ». Pour l’opposition, « quand on voit à quel point l’appareil judiciaire, à tous ses niveaux, est phagocyté et aux ordres, quand on imagine à quel point l’hydre tentaculaire de la corruption est étendu dans toutes les sphères de l’État et de l’administration, lorsqu’aujourd’hui se confirme l’adage selon lequel le poisson pourrit par la tête, il est difficile de penser connaître la vérité un jour prochain sauf à compter avec la détermination de la partie malgache ».

 

Dans leur réquisitoire, les conférenciers poursuivent par la voie d’Ahmed Hassane El-brawane : « Pire encore, le fait pour le parquet de Moroni de passer sous silence les armes saisies chez Fardi Abodo ainsi que la drogue découverte à l’aéroport de Hahaya démontre bien que l’institution judiciaire n’entende même pas considérer ces actes répréhensibles malgré le fait que des Comoriens aient été renvoyés devant la Cour de Sûreté de l’État pour des délits de droit commun ».

 

Pour rappel, le 30 décembre dernier, les enquêteurs de la gendarmerie avaient procédé à la perquisition des domiciles du douanier Fardi Abodo à Anjouan. Les enquêteurs ont mis la main sur 85.000 euros selon RFI, 17.000 euros selon le parquet de Moroni qui ne s’est exprimé que plusieurs jours tard. L’on parle aussi d’une saisie d’armes à feu. En tout, aucun de ces faits n’a été mentionné dans l’ordonnance de mise en détention provisoire des 10 prévenus dont Fardi Abodo. « Pourquoi le parquet de Moroni n’avait-il pas visé les dispositions du code pénal comorien qui répriment la détention illégale d’arme à feu lors de l’ouverture l’information judiciaire ? », s’interroge l’opposition, qui poursuit : « contre qui ces armes allaient être utilisées ? ».

 

La coalition de l’opposition qui s’exprime pour la première fois dans cette affaire qui a défrayé la chronique tant au niveau national qu’à l’international, appelle toutes les forces démocratiques, politiques et celles de la société civile « à se lever pour déchirer le masque des contrebandiers qui nous gouvernent, à réclamer le départ de ce régime de la honte et de la flétrissure et à concourir pour le rétablissement de la démocratie, de l’État de droit et ouvrir ainsi les portes de l’espoir d’une vie meilleure (…)».

 

Pour rappel, 50 kilos de lingots d’or ont été saisis sur trois individus, deux Malgache et un Comorien, le 28 décembre dernier à l’aéroport de Hahaya. Cette affaire a conduit 10 personnes (dont le directeur général des aéroports des Comores Yasser Ali Assoumani, et le douanier Fardi Abodo) en détention provisoire à la maison d’arrêt de Moroni. Une délégation conduite par le ministre malgache de la justice est arrivée à Moroni hier pour négocier l’extradition des deux Malgaches Azaly Failaza et Pierre Stenny. Les deux prévenus font l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis postérieurement à leur arrestation.

 

Andjouza Abouheir

 


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