La Gazette

des Comores

Ahamada Hamadi : « Nous avons jugé utile de soutenir l’Arabie Saoudite »

Ahamada Hamadi : « Nous avons jugé utile de soutenir l’Arabie Saoudite » © : HZK-LGDC

La position et la stratégie diplomatique des Comores ne fait pas l’unanimité au sein de l’opinion publique. Le communiqué publié le 1er mars dernier dans lequel la diplomatie comorienne dit apporter « son soutien indéfectible » à l’Arabie Saoudite est mal perçu. Le gouvernement se justifie par la voix du conseiller diplomatique du Chef de l’Etat et parle de choix « utile » et de « nécessité ». L’opposition pour sa part ne s’est pas exprimée.


Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de la Diaspora a publié le 1er mars dernier un communiqué dans lequel il « manifeste son soutien indéfectible à l’Arabie Saoudite et condamne les allégations de certains services qui veulent se substituer à la justice et aux tribunaux des pays tiers ». Un document qui est sorti juste après que le président américain Joe Biden a déclassifié le dossier sur l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dont le Prince héritier du royaume saoudien, Mohamed Ben Salmane serait mis en cause.

Le conseiller diplomatique du président Azali Assoumani, Ahamada Hamadi revient sur le regard porté sur ce communiqué par l’opinion publique. Se basant sur les critères et sens des mots en diplomatie, le conseiller diplomatique laisse entendre que l’expression « lèche-botte » ne figure pas dans la lexicologie diplomatique. « Nous sommes avec cette prise de position dans les champs des relations qui sont fondées sur des valeurs partagées et des intérêts communs », avance Ahamada Hamadi car poursuit-il « l’Arabie Saoudite étant un pays frère et ami, il est normal d’exprimer notre solidarité ».

Le conseiller justifie cette prise de position de l’Union des Comores en expliquant qu’aucun pays ne peut rester inerte face à l’évolution du monde et au soubresaut du temps qui passe. Ceci dit il revient à chaque pays de se positionner dans un camp ou dans un autre. Ahamada Hamadi dit que le pays a jugé utile de se positionner ainsi parce que selon lui, « le droit international et la justice doivent prévaloir au détriment des rumeurs et des faisceaux d’indices qui ne sont pas véritablement justifiés ».

Est-il nécessaire de se positionner face aux enjeux diplomatiques ? Le conseiller diplomatique du chef de l’Etat fait savoir que la parole du pays était absolument nécessaire dans cette situation car « en diplomatie, le silence est toujours une forme d’expression ». « Il faut s’exprimer, apporter son jugement pour être clair dans sa prise de position parce que si on se tait, cela aurait suscité un suspens sur notre position. Et nous avons jugé utile de soutenir l’Arabie Saoudite parce que nous partageons avec lui des valeurs et des intérêts. Nous soutenons ce pays-là par solidarité. Si on devait se taire, le silence aurait provoqué des interprétations qui ne relèvent peut-être pas de ce que nous pensons », se justifie-t-il.

Afin d’évaluer la position des uns et des autres sur cette décision du ministère des Affaires étrangères et du gouvernement comorien, nous avons pris le soin de nous approcher de différentes personnalités politiques. Ces dernières n’ont toutefois pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

A.O Yazid

 


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