La Gazette

des Comores

Anissi Chamssidine : « Nous n’avons pas encore la Constitution qu'il nous faut »

Anissi Chamssidine : « Nous n’avons pas encore la Constitution qu'il nous faut » © : HZK-LGDC

Pour le gouverneur d’Anjouan Anissi Chamsidine, l’Union des Comores n’a pas encore trouvé chaussure à son pied en matière de loi fondamentale. « C’est la raison pour laquelle chaque gouvernement change de Constitution ». Une déclaration qui prend violemment le contrepied des affirmations du gouvernement central, qui présente la nouvelle Constitution et ses corollaires issus du référendum de juillet 2018 comme le remède miracle.


Est-ce un aveu du brassage du vent dissimulé par le pouvoir central ? De passage à Ngazidja, le gouverneur d’Anjouan Anissi Chamsidine a apporté de l’eau au moulin de l’opposition qui accuse le chef de l’État d’avoir ajusté la loi fondamentale à ses « intérêts personnels » et non à l’intérêt suprême de la Nation. En effet, pour M. Anissi, le pays « n’a pas encore trouvé la Constitution qu'il nous faut ». La preuve en est que « chaque gouvernement se taille une Constitution sur-mésure ». Autrement dit, la Constitution en vigueur est appelée à disparaitre ou presque avec le prochain régime tout simplement parce qu’elle « n’est pas adaptée » aux besoins réels du pays, pour reprendre les termes du premier magistrat de l’île d’Anjouan.

 

Lors de cette rencontre avec la presse improvisée à Golden Tulip, Anissi Chamsidine a bordé d’autres sujets d’actualité. D’abord l’absence très remarquée du chef de l’État à l’enterrement de l’homme d’affaires anjouanais Mon Garçon. Pour Anissi, le protocole présidentiel ne permettait pas au chef de l’État d’y assister car, dit-il, il faisait nuit. S’il est vrai que l’enterrement avait lieu pendant le crépuscule ce 26 novembre à Mutsamudu, il n’en reste pas moins que la famille du défunt ne voulait pas du chef de l’État dans l’enterrement de celui qui n’était autre que le gendre de Mouhammad Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, le fils de l’ex-président Sambi, et le cousin de madame Hadjira Djoundi, la mère de son gendre et épouse de l’ex-raïs placé en détention par le régime en place depuis plus de deux ans.

 

Quant à la question incontournable de la Tournante en 2021 en faveur de l’île d’Anjouan, revendiquée par l’opposition, le gouverneur balaie ce sujet qui dorénavant « appartient au passé ». Son inquiétude c’était plutôt en 2010 quand Sambi devait céder la présidence à un Mohélien, ce qui ne s’est fait qu’une année plus tard, la Constitution ayant été modifiée en 2008 pour ramener le mandat présidentiel à 5 ans au lieu de 4 ans. « Si on devait se préoccuper de la question de 2021, alors il y en aurait beaucoup à dire comme la configuration a complètement changé depuis le referendum de 2018… », poursuit-il non sans un brin de moquerie à l’endroit des pro 2021.

 

Andjouza Abouheir

 


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