La Gazette

des Comores

Coopération Mayotte- Kenya: Un coup de pied au nez à la souveraineté comorienne

Coopération Mayotte- Kenya:  Un coup de pied au nez à la souveraineté comorienne © : HZK-LGDC

C’est le sentiment global qui est partagé par les réactions que nous avons pu lire ç travers les réseaux sociaux. Partenaire privilégié qui est allé jusqu’à sauter le verrou des visas pour les comoriens voulant rentrer au Kenya, Nairobi n’a pas hésité à passer un accord de partenariat avec Mayotte, une ile qu’ils savent (autorités kenyanes) revendiquée par les Comores au regard du droit international.


Le grand journaliste, Ali Moindjie dans un post sur son compte Facebook a fustigé un acte d’inimité de la part de la République kenyane vis-à-vis des Comores. Dans ce sens, il interpelle la diplomatie comorienne à se saisir au plus vite de ce dossier, en rappelant qu’il n’y’avait pas de recette spécifique pour la défense de la souveraineté d’un pays. « En matière de diplomatie, il n’existe pas de grand livre des recettes qui définit les positions à prendre face à l’hostilité d’autres nations », dit-il. Et de poursuivre : « il faut trouver en soi la ressource, l’inspiration et la détermination nécessaire pour prendre des décisions lucides et bénéfiques pour son pays. »

Le parti Ushé de son côté dénonce la complicité kenyane dans l’occupation de Mayotte par la France. Dans un communiqué, le parti présidé par Dr Rafsandjani Mohamed parle d’une apparence trompeuse de la coopération sud-sud. « Derrière les apparences trompeuses de la coopération sud-sud, se cache une stratégie bien connue : celle de la France, qui cherche à normaliser son occupation illégale de Mayotte, en impliquant des pays africains dans la légitimation de cette situation. » Et le parti Ushé de mettre les autorités kenyanes devant leurs contradictions. « Le gouvernement kenyan, en acceptant de telles relations, se place en contradiction flagrantes avec les principes panafricains qu’il affirme pourtant défendre », peut-on lire dans le communiqué.

Jusqu’à l’heure où nous mettions sous presse, le gouvernement comorien n’avait toujours pas réagi à ce revirement diplomatique de Nairobi, un couac qui appelle des clarifications sur cet accord, mais aussi sur sa position envers le gouvernement kenyan. Du coté des élus mahorais, c’est l’euphorie générale. Sohirat El-Hadad, Conseillère départementale en charge de la coopération régionale parle du début de la fin de l’isolement de Mayotte sur la scène régionale. « Mayotte n'a pas vocation à être isolée, mais s'ouvrir avec des réseaux régionaux, à être actrice de son destin dans la région », et de continuer : « cette coopération marque le renforcement de l'ancrage de Mayotte dans sa région. Elle est bien placée géographiquement pour travailler avec tous les acteurs de l'océan Indien et désormais de l'Afrique de l'Est. »

Pour rappel, par la voix de son secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Korir Sing'oei, le Kenya a signé un accord de partenariat avec Mayotte qui va permettre à cette dernière d’importer des produits alimentaires à partir du Kenya pour nous dit-on compenser les pertes survenues au moment du passage du cyclone Chido. Cet accord va porter aussi sur d’autres domaines de coopération, notamment le recyclage des déchets. « Nous souhaitons travailler sur l'économie circulaire avec le Kenya pour que ces déchets soient recyclés. C'est important de pouvoir les regrouper et les amener au Kenya pour qu'ils aient une nouvelle vie » renchérit, Sohirat El Hadad. En attendant la réaction du gouvernement comorien, cet accord démontre encore une fois que derrière les postures diplomatiques, les pays font passer leurs intérêts devant toutes autres considérations. Le Kenya avait pourtant soutenu activement les Comores à accéder à la présidence de l’Union africaine en 2024. Que s’est-il donc passé pour justifier ce revirement diplomatique ?  

Imtiyaz


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