Le candidat au poste de gouverneur de Ngazidja Moussa Ibrahim, le directeur de campagne de Bourhane Hamidou, Daoud Halifa, le communicant du parti Juwa John Baloz, le militant du parti Orange Mohamed Abdallah Soifeine alias Momo. La liste des opposants interpellés est longue et tout porte à croire que ce n’est que le début.
Quelques heures après que la cour suprême a validé l’élection d’Azali Assoumani, les arrestations ont repris de plus belle. Avec une particularité puisqu’un candidat à l’élection du gouverneur de Ngazidja en a fait les frais. Il s’agit de Moussa Ibrahim. Candidat indépendant, il était à la tête d’un groupe de manifestants mercredi 17 janvier sur l’axe Iconi-Moroni. Si pour l’instant nous ignorons le motif de son arrestation malgré nos sollicitations auprès du procureur de la République, il convient de rappeler que le parquet de Moroni avait prévenu que « conformément à l’article 286 du code électoral, l’immunité des candidats en lice disparait après la proclamation des résultats définitifs de l’élection ». C’est le cas de l’arrestation de M.Moussa intervenue dans la foulée. Il est relâché le lendemain.
Avant lui, c’était le directeur de campagne du candidat à la présidentielle Bourhane Hamidou qui en avait fait les frais en premier. Celui-ci a été interpellé le mercredi 17 janvier, soit au lendemain de la proclamation des résultats provisoires par la Ceni. Cette journée a été marquée par des manifestations à Moroni. Dans plusieurs de ses interventions, le porte-parole du gouvernement semblait dire que la cheville ouvrière de la campagne du candidat du mouvement Woneha était un des artisans du mouvement de contestations qui a paralysé le pays pendant au moins 48h, pour la bonne cause. Hier en fin d’après-midi, nous avons appris sa libération. Il aura donc fait 9 jours de garde à vue, hors de tout cadre légal.
A Anjouan, John Baloz, communicant du candidat Juwa, très suivi lors de la campagne, est lui aussi arrêté le 14 janvier lors du double scrutin dont il dénonçait les fraudes orchestrées par les partisans du régime. Jusqu’au moment où nous bouclions ces lignes, il n’a pas été relâché. Sur l’autre île, Mohéli, les militants de l’opposition ne sont pas non plus épargnés. Le candidat Abdou Nassur était arrêté puis relâché sans motif connu. Le directeur de campagne au niveau local du candidat à la présidentielle Mohamed Daoudou alias Kiki est lui aussi interpellé depuis le week-end dernier. Un partisan de la formation politique, Mohamed Abdallah Soifeine alias Momo, en a aussi fait les frais à Ngazidja. « Quand on était au pouvoir, on n’arrêtait pas les gens sans motif. Momo et notre directeur de campagne à Mohéli ont été arrêtés sans motif », regrette le leader du parti Orange et ancien ministre de l’intérieur d’Azali, contacté par La Gazette des Comores.
A cette liste, s’ajoutent bien évidement les 300 manifestants qui ont contesté les résultats des élections du président de l’Union et des gouverneurs des îles. Comme leurs ainés politiciens, leur garde à vue a dépassé largement les délais légaux prévus par la loi. Mais quand on réprime, le respect des lois devient le cadet des soucis.
Andjouza Abouheir
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