La Gazette

des Comores

Discours à la nation / Azali dévoile le contenu de sa reforme

Discours à la nation / Azali dévoile le contenu de sa reforme © : HZK-LGDC

Dans son discours à la nation marquant la célébration du 43ème anniversaire de l'accession des Comores à l'indépendance, le chef de l'État se projette déjà dans l'après referendum. Azali Assoumani dévoile dans son allocution quelques grandes lignes de la reforme constitutionnelle soumise à un referendum le 30 juillet prochain.


La réduction des institutions et des dépenses de fonctionnement de l’État et des îles, le maintien d'une présidence tournante « renforcée » et de l'autonomie des îles, l'uniformisation de la fonction publique ou un représentant de la diaspora dans l'assemblée nationale, autant des points abordés par la révision constitutionnelle et qui ont été dévoilés par le chef de l'État. A Beit-Salam où s'est déroulée la garden-party habituellement organisée dans l'après-midi qui suit la parade militaire du matin à la place de l'indépendance, le président de la République lève le voile sur la reforme constitutionnelle, en dévoilant son vaste chantier quinquennal. Un véritable projet politique « basé sur la mise en œuvre d’un programme pluriannuel de redressement, accompagné d’une révision constitutionnelle, afin de soutenir le développement, et réaliser l’émergence de notre pays ».

 

Dans son allocution qui ressemble à un discours programme, le président de la République décline une vingtaine de points sous forme de promesse électorale. Notamment : la lutte contre la corruption par la mise en place de l’Inspection Générale de l’État (IGE) et la transmission à la Justice des dossiers de détournement – création rapide d’un Consortium d’approvisionnement des produits de première nécessité, avec la participation des entreprises privées, pour baisser les coûts excessifs d’approvisionnement, diminuer les prix à la consommation, créer des emplois, et augmenter les recettes de l’État où – l’unification de la Fonction publique, maintien de l’autonomie de gestion des îles, sur la maîtrise de la masse salariale de l’État, la revalorisation des départs à la retraite, le déblocage de l’évolution de carrière des fonctionnaires (gelé depuis 27 ans), et le recrutement des nouveaux agents par concours.

 

« Comme vous pouvez le constater, les défis à relever sont multiples et complexes. Nous devrons sans plus tarder engager les efforts nécessaires, pour surmonter ensemble les obstacles, et dégager les moyens indispensables pour construire un pays de paix, stable, prospère, et émergent, d'ici 2030 », a-t-il déclaré. Le chef de l'État regrette qu'au lieu « d’examiner le contenu novateur des propositions formulées par ce projet de révision constitutionnelle, certains poussent à limiter le débat sur le blocage du fonctionnement de la Cour Constitutionnelle, et le transfert provisoire de ses compétences, à la Cour Suprême ». Azali Assoumani qui est loin de regretter la décision qu'il avait prise de transférer les compétences de la cour constitutionnelle à la cour suprême. Rappelant « qu’en 42 ans d’indépendance, notre État a fonctionné pendant plus de 25 ans sans Cour Constitutionnelle ».

 

Et de poursuivre : « Les quatre premiers Chefs d’État, ont été élus avec une Cour Suprême disposant d’une Chambre constitutionnelle. C’est à partir de 2001, qu’on a mis en place cette institution. Sans le personnel qualifié nécessaire, et la non désignation de ses membres, ce dysfonctionnement de l’institution qui a bloqué son fonctionnement, a été dénoncée depuis 2016, par l’un de ses anciens membres les plus influents, comme une chambre enregistreuse, sans compétence technique réelle pour remplir sa vraie mission au service de notre peuple et ne peut par conséquent, devenir aujourd’hui, une source de polémique ».

 

Maoulida Mbaé

 

 


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