Après la sortie médiatique du vice-président Djaffar Ahmed Said, le président de la République semble trouver du réconfort auprès de personnalités politiques, religieuses et coutumières de la même région que le vice-président. Dans une conférence de presse tenue en fin de semaine dernière, ils ont dénoncé la décision prise par le vice-président de Ngazidja qui a ouvertement pris sa distance avec le pouvoir.
Quelques jours après la décision du vice-président Djaffar Ahmed Said Hassane de prendre ses distances avec le gouvernement dont il est membre sur le projet de réforme constitutionnelle, une brochette de personnalités d'horizons différents de la région d'Itsandra d'où il est originaire, dit se désolidariser à son tour de cette décision qui a provoqué une onde de choc au sein même de la famille politique du premier vice-président. Dans une conférence de presse tenue dans un hôtel de la place, ils n'ont pas mis des gants pour critiquer une position qui a surpris plus d'un.
« Nous nous sentons trahis par cette décision prise, sans consultation aucune avec des cadres de la région, nous qui lui avons apporté notre soutien », dira El-Anziz Ben Ahmed directeur de cabinet du ministre des finances et cadre de cette région, reprenant une formule de l'ancien rais Ahmed Abdallah qui s’était senti trahi par des proches politiques. Même sentiment pour Yahaya Mohamed Ilyasse pour qui il était important d'annoncer surtout auprès de leurs électeurs et leurs partisans un « divorce » qui ne dit pas son nom. « La vice-présidence n'est pas une simple fonction. C'est une responsabilité énorme. J'attendais qu'avant qu'il prenne sa décision, sa famille et ses proches politiques soit consultés. Mais c'est le contraire, ils l’apprennent comme nous à travers les médias. C'est dommage que cela se passe comme ça. Lui même dit qu'il n'a consulté que sa famille », a fait savoir Mourad Ali Bazi du parti Radhi.
« Itsandra, c'est une région qui a marqué et qui continue de marquer la politique de ce pays. D'où, on ne fait pas ce qu'on a envie de faire. A l'époque des sultanats, c'est la seule région à être couronnée de plus de sultans Ntibe (rois) par rapport aux autres régions de l'île. C'est la région où la vengeance, sinon, la rancœur n'a pas droit de cité », fait savoir Said Ali Said Ahmed, le monsieur communication du chef de l'État qui prend rarement la parole en public. Il illustre son intervention par le décès de Msafoumou assassiné par le sultan Said Ali. Ce dernier qui a été surpris d'après-lui, par la réaction de la mère de Msafoumou quand Said Ali s'est présenté à Itsandra pour l'enterrement.
« On ne s'est pas réuni ici pour le procès d'intention de qui que ce soit. Mais plutôt pour montrer notre soutien par rapport aux projets et la vision du chef de l'État. Nous ne sommes pas en conflit ni avec le gouvernement ni avec l’exécutif de l'île », tempère Taki Mboreha notable de son État. « Il n'y a pas que des partisans de la Crc dans cette conférence, il y a d'autres cadres de sensibilités différentes. Il y a parmi nous des proches de Mouigni Baraka et de Mamadou et autres », a tenu à préciser Abdou Matassa qui a répondu à une question d'un journaliste sur l'implication supposée de la Crc dans l'organisation de la conférence de presse.
Maoulida Mbaé
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