Journaliste aguerri et figure emblématique des médias comoriens, Toufé Maecha se présente aux législatives de 2025 dans le Bambao ya hari. Celui qui se décrit comme un « self-made man » ambitionne de représenter le peuple, dénoncer les injustices et insuffler un vent de changement dans un paysage politique qu’il juge déserté par l’opposition.
Benjamin d’une fratrie de douze enfants, Toufé Maecha n’a pas suivi un chemin académique classique. Après avoir quitté l’école en classe de 3e, il part pour Madagascar en 2012 dans l’espoir de rejoindre l’Europe, sans succès. De retour aux Comores en 2014, il découvre par hasard sa vocation journalistique. Collaborateur de Karibu Hebdo, puis de La Gazette des Comores, et aujourd’hui correspondant pour Jeune Afrique.
Son engagement pour la vérité lui vaut des démêlés politiques. En 2019, il est arrêté à Moroni après une période post-électorale tendue, avant de trouver refuge en France grâce à l’intervention de Reporters Sans Frontières (RSF). De retour au pays, il reprend son poste tout en cumulant les fonctions de directeur de l’information à l’ORTC, qu’il quitte en 2023 après avoir dénoncé publiquement un scandale d’agression sexuelle impliquant un cadre.
Toufé Maecha se présente comme un candidat résolument engagé pour le peuple. Avec son slogan de campagne : « Quand on veut, on peut », il propose des mesures qu’il considère comme prioritaires pour le pays. « Je m’engage à proposer une loi d’amnistie pour Ahmed Abdallah Sambi et Abdou Salami Abdou. Cette proposition, souligne Toufé Maecha, permettra à l’ancien raïs et au gouverneur déchu d’Anjouan, respectivement incarcérés depuis mai et octobre 2018, de recouvrer leur liberté volée ».
En matière d’éducation, il insiste : « Augmenter le budget de l’éducation est essentiel pour redonner à l’école publique ses lettres de noblesse. Il est inconcevable qu’aujourd’hui 80% des élèves se tournent vers le privé parce que les pouvoirs publics ont fait de l’école publique le cadet de leurs soucis ». Toufé Maecha évoque également la situation des retraités. « Revaloriser les montants des pensions de retraite, explique-t-il, est une priorité. Il s’agit de rendre leur dignité à celles et ceux qui ont servi, qui nous ont servis. Vingt mille francs de pension de retraite par mois, c’est tout simplement inacceptable ! »
Pour Toufé Maecha, le paysage politique actuel est marqué par un « désert » dangereux pour la démocratie. « Le désert politique laissé par les acteurs politiques sur qui jadis nous pouvions compter est effrayant. Ce désert favorise inexorablement l’enracinement de la prise en otage du pays par un seul clan. Politiquement, c’est un péché grave », confie-t-il.
Il entend incarner une voix dissonante, notamment pour la jeunesse, dont il salue le courage et la volonté de changement. « La révolte spontanée, historique et salutaire des 17 et 18 janvier des jeunes des quartiers populaires de Moroni prouve la soif de changement que ressent la population », déclare-t-il. Pour lui, la solution est claire : « Face à l’oppression, ce n’est absolument pas la résignation, mais la détermination », martèle-t-il, tout en appelant à un renouveau politique aux Comores.
Marié et père d’un enfant, il se positionne comme un homme du peuple, incarnant un espoir pour de nombreux jeunes. À Bambao, il devra convaincre un électorat partagé entre tradition et aspiration au changement. « Je veux essayer d’incarner un début des réponses aux aspirations légitimes des jeunes et du peuple », conclut-il. La campagne s’annonce intense, mais Toufé Maecha semble déterminé à inscrire son nom dans l’histoire politique des Comores.
Mohamed Ali Nasra
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC