La Gazette

des Comores

Législatives et communales 2025 : Peu d’affluence à Ngazidja

Législatives et communales 2025 : Peu d’affluence à Ngazidja © : HZK-LGDC

Comme en janvier 2024 pour les élections présidentielle et des gouverneurs, les comoriens continuent de bouder les urnes, signe d’un désenchantement face à la politique. Chacun y allant de son analyse. Les uns attribuent cette tendance à la décrédibilisation de la classe politique dans son ensemble, alors que d’autres plus tolérants pensent que la répétition des élections ces dernières années finit par lasser les électeurs.


Toujours est-il que, hier dimanche 12 janvier, les électeurs étaient appelés à élire, pour le compte du premier tour des élections législatives leurs représentants au parlement. C’est donc sous la pluie, que l’ensemble des électeurs se sont réveillés pour aller accomplir le devoir citoyen. Déjà démotivé à l’idée de se rendre au bureau de vote, l’électeur lambda a trouvé une excuse supplémentaire avec les conditions météorologiques pour ne pas faire le déplacement. C’est en tout cas ce que nous avons pu constater et entendre dans les nombreux bureaux de vote où nous nous sommes rendus pour suivre le déroulement des opérations électorales. « En réalité la pluie est une bonne excuse pour les électeurs pour ne pas se déplacer. Ce que j’ai pu constater ces dernières années, c’est la baisse sensible du nombre de votants au fur et mesure des élections », nous a confié un président d’un des huit bureaux de vote de la Coulée au sud de Moroni qui vient de boucler sa sixième élection en moins de dix ans. Et bien que certaines localités affichent une forte affluence comme Mbeni et Mkazi ou encore Mitsoudje, à Ngazidja, ce premier tour a été largement boudé par les électeurs.

Ce désintéressement de l’électorat n’a apparemment eu aucun effet sur le comportement global le jour des élections. Ici et là, des voix s’élèvent pour dénoncer « des magouilles » de la part du parti au pouvoir. « Moi on m’a dégagé du bureau de vote (Iroungoudjani 2) car j’ai dénoncé une tentative de bourrage d’urne de la part d’une dame qui avait emmené trois bulletins de vote avant de rentrer dans l’isoloir », nous a confié par exemple un mandataire du député sortant, Ibrahim Idjabou du parti Orange. Dans les deux bureaux de Moroni Bacha, c’est le même constat. Des incidents ont éclaté dans la matinée entre un mandataire du parti Orange et les membres du bureau sur fond de bourrage d’urne. Des accusations rejetées par la CENI, qui concède quelques retards mais nie toute fraude.

« Il y’a eu des retards, mais ils ne sont pas significatifs. Ils sont dus à des problèmes météorologiques » a confié à nos confrères d’Al-watwan, Mohamed Abderemane secrétaire à la communication de la CENI. Et ce dernier de rajouter que l’instance en charge des élections a facilité le système de collecte des informations en créant un groupe WhatsApp regroupant tous les candidats, mais qu’aucune plainte n’avait été envoyée. « Jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune plainte ou signalement de leur part. » Une affirmation loin de ce que certains candidats ont confié à la presse au fort de la matinée du dimanche.

Vers 15 heures, le ministre de l’intérieur a pris la parole pour exprimer son point de vue sur le manque d’engouement des électeurs, qu’il a attribué aux mauvaises conditions climatiques.  « Il faut comprendre que nous sommes dans une période de pluie avec une alerte cyclonique dans la zone. Ce mauvais temps ne favorise pas la mobilisation des électeurs, surtout si tu n’as pas un moyen de déplacement, mais on espère que le taux de participation sera acceptable. »

Le candidat indépendant, Ibrahim Mohamed Soulé a parlé carrément de corruption d’électeurs et tentative de corrompre ses mandataires. « Certains de mes assesseurs ont été dégagés des bureaux de vote, d’autres ont été priés de quitter les lieux, ou carrément se taire en échange d’argent ».

Imtiyaz

 

 

 


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