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des Comores

L’ambassade des Comores au Sénégal accusé de « corruption »

L’ambassade des Comores au Sénégal accusé de « corruption » © : HZK-LGDC

L’ambassade des Comores au Sénégal est sous les feux des critiques des étudiants comoriens sur place et de médias locaux. La chancellerie est accusée de délivrer des faux sauf-conduits à des tierces, « moyennant 20.000Fc » selon le media très suivi Senego. Nous avons interrogé le conseiller de l’ambassadeur, lui-même pointé du doigt dans cette affaire.


Question : Le site d’information Senego très suivi au Sénégal accuse nommément l’ambassadeur des Comores au Sénégal et son équipe de « délivrer des faux sauf-conduits moyennant 20.000FCFA ». Qu’en est-il de cette affaire ?

 

Adinane Ibrahim : Tout d’abord nous tenons à condamner fermement cet article mensonger qui porte des accusations gravissimes et sans fondement à notre Mission, et nous regrettons profondément le manque de professionnalisme de ce site. Vous savez qu’en l’absence d’un service d’établissement de passeport, la délivrance d’un sauf-conduit s’impose à tout ressortissant comorien qui répond aux critères établis par la Mission. C’est le cas des enfants d’origine comorienne, nés au Sénégal ou dans la sous-région, où on est la seule Représentation. Ce service est gratuit pour cette catégorie d’âge. Maintenant des exceptions sont faites aux ressortissants adultes présentant un motif impérieux et dont les dossiers sont examinés par les soins du chef de Mission. Ils s’acquittent des frais de 20.000 FCFA. C’est le tarif fixé depuis la création de l’Ambassade. Et d’ailleurs, j’en profite pour préciser que la grille tarifaire de l’Ambassade n’a subi aucune modification depuis l’accréditation de SEM Moustakim Said Attoumane en 2015, à part la gratuité de ce document pour les enfants, afin de leur permettre de rentrer au pays. L’Ambassade reste convaincue que ces ignominies relatées par un membre d’un mouvement politique établi au Sénégal répondant au nom de HAFEZ EL ASSAD, connu de nos services pour son incivisme et son insolence dans ses propos hostiles aux autorités comoriennes, repris systématiquement par SENEGO, font suite au refus de délivrer ledit document à un membre de son mouvement, qui justement a voulu faire usage de faux.

 

Question : Pourquoi n’avez-vous pas fait un démenti si vous vous sentez victimes d’allégations mensongères ?

 

AI : A l’heure où je réponds à vos questions, un démenti a été déjà transmis à la rédaction de ce site. Dans l’immédiat, au regard de la gravité et la sensibilité des informations, l’Ambassade a estimé nécessaire de convoquer les responsables de ce site pour demander des explications sur les motivations réelles d’une telle publication dont aucune source exploitable n’est citée. Nous avons profité de l’occasion pour attirer leur attention sur les informations fournies par ces jeunes biens identifiés.

 

Question : Le même site accuse l’ambassade de « favoritisme et discrimination » sur les bourses d’études financées par l’État sénégalais. Ce que d’ailleurs des étudiants comoriens nous ont confirmé. Combien de bourses obtenez-vous l’année ? Quelles sont les critères d’éligibilité que vous tenez en compte dans le dispatching ?

 

AI : Cette question revient en actualité chaque année. La République du Sénégal offre 50 bourses à l’Etat comorien, dans le cadre de la coopération. L’Ambassade rappelle que la liste des boursiers est établie par les autorités comoriennes compétentes, notamment le ministère de l’Education nationale en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères. L’Ambassade, après réception de cette liste, et en vertu de sa mission, assure le dépôt et le suivi des dossiers au niveau de la Direction des bourses. Ce sont des informations vérifiables auprès des institutions précitées. Le rejet d’un dossier est motivé par la Direction des bourses, avant d’être transmis par l’Ambassade au candidat. Les critères exigés par la Direction des bourses sont :

Etre titulaire d’un baccalauréat, être inscrit au titre de l’année en cours dans une université publique sénégalaise ou école de formation privée agréée par l’Etat de Sénégal et reconnue par la Direction des bourses, et en fin, avoir moins de 30 ans. Ce dernier critère est exempté aux candidats en thèse doctorale. Cependant, il y’a d’autres paramètres, notamment les formations payantes dispensées dans les universités publiques, qui généralement ne sont pas éligibles à la bourse. Récemment, il y a eu une nouvelle réforme qui a instauré des quotas dans les Masters. Nous travaillons en étroite collaboration avec les ministères concernés, et fort heureusement que cette année, nous n’avons pas encore eu de rejet. Enfin, je vous prie de demander à ceux qui prétendent être victimes de vous présenter une preuve tangible de leurs témoignages avant que vous preniez position.

 

Question : Comment expliquerez-vous la colère de l’étudiant comorien au Sénégal contre l’Ambassade ?

 

AI : (Rires) Vous pensez réellement qu’un groupe de quelques personnes aux intentions connues de tous, est représentatif d’une communauté qui avoisine les 4000 ressortissants, au point de parler d’une colère collective ? Toutefois, nous savons pertinemment que les défis sont immenses et nous travaillons d’arrache-pied pour apporter des solutions et nous nous réjouissons des acquis déjà obtenus, entre autres la facilitation des inscriptions dans les universités publiques, surtout dans les Universités provinciales, la formation de plusieurs médecins spécialistes, la continuité de l’octroi des bourses, la régularisation du séjour de la quasi-totalité de nos étudiants…D’autres réponses seront apportées prochainement par la commission mixte de coopération prévue entre nos deux pays.

 

Question : Il y’a combien d’étudiants au Sénégal ?

 

AI : Approximativement 4000 ressortissants, la plupart des étudiants. Je n’ai pas un chiffre exact car il y’a ceux qui quittent définitivement le pays sans le signaler.

 

Question : Combien d’entre eux sont boursiers ?

 

AI : Depuis l’accréditation du premier Ambassadeur de l’Union des Comores auprès de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur MAHAMOUD SOILIH jusqu’à ce jour, près de 500 étudiants comoriens ont bénéficié du programme de bourse dans le cadre de la coopération.

 

Propos recueillis par Andjouza Abouheir

 


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