La Gazette

des Comores

Maliza Saïd, conseillère municipale à Marseille « Je suis née et j'ai grandi dans ces quartiers Nord dit populaires »

Maliza Saïd, conseillère municipale à Marseille « Je suis née et j'ai grandi dans ces quartiers Nord dit populaires » © : HZK-LGDC

Maliza Saïd est conseillère municipale à Marseille depuis 2014. Cette année, elle vise haut puisqu’elle veut devenir maire des 2èmeet 3ème arrondissements de la ville phocéenne aux côtés du parti au pouvoir, La République en Marche. Également avocate au barreau de Moroni, la franco-comorienne a accordé un entretien à La Gazette des Comores.


Question : Quel bilan faites-vous de votre mandature au Conseil municipal ?

 

Maliza Saïd : Ce mandat fût une expérience instructive et constructive. J'ai appris ce qu'est le fonctionnement puis la gestion d'une administration locale. Marseille, c'est 860 000 habitants, près de 13 000 agents, environ 1 milliard de budget. Mais Marseille demeure une ville pauvre. Le chômage y demeure supérieur à la moyenne nationale et la violence dans le secteur Nord perdure avec les conséquences dramatiques que l'on connait. A titre personnel, le maire m'avait confié deux délégations : Les programmes européens et l'information digitale. Sur la première thématique, avec la direction affiliée, nous avons renforcé les coopérations avec les villes partenaires européennes, obtenu des financements européens pour des crèches, des centres sociaux, des projets pour la tranquillité publique. Sur la seconde thématique, nous avons développé les réseaux sociaux et le site internet de la Ville, véritable vitrine de Marseille. Cela a permis la mise en place de nouveaux services en ligne, d'une application mobile pour nos administrés. Désormais par exemple, on peut payer la cantine ou la crèche en ligne au lieu de faire la queue chaque mois devant les établissements scolaires. Enfin, en ce qui concerne les relations avec la diaspora comorienne de Marseille, nous avons accompagné le muftorat pour l'acquisition d'un bâtiment initialement municipal afin qu'il devienne la future mosquée des comoriens de Marseille. J'ai défendu avec mon collègue Smail Ali ce rapport au conseil municipal, notamment lorsque le Front national nous a attaqués sur ce sujet. A titre personnel, j'ai tenu à organiser des événements pour mettre en valeur mon pays d'origine grâce à des partenaires qui m'ont beaucoup soutenue et je les en remercie. Ce fût le cas lorsque j'ai organisé en 2015 le 40ème anniversaire de la fête de l'indépendance avec l'association Karthala et le Tropikal Palace. Je n'oublie pas l'Afrique, lorsque j'ai organisé en 2015 les journées économiques africaines à Marseille en partenariat avec l'institut Mandela. J'ai accueilli à cette occasion une quinzaine d'ambassadeurs et plusieurs ministres africains dont le 1er ministre malgache pour présenter les opportunités d'investissements et d'affaires. Hélas l'État comorien, convié à l'événement n'a pu se faire représenter. Cependant en 2018 lorsque j'ai mis en place le pavillon des Comores avec l'association Club Afrique Paca, la Meck Moroni et la SNPSF ont été fortement présentes et ont permis d'offrir une visibilité aux Comores lors de la foire internationale de Marseille. Je me suis également investie pour l'acquisition de locaux sur la Canebière, artère historique de la ville, afin que les comoriens puissent avoir un consulat digne de ce nom. Enfin, je me bats aujourd'hui pour la mise en place de la maison des Comores. Mais avec l'aide de Dieu et la bonne volonté de toutes et tous, j'espère que ce projet aboutira. Rien n'a été facile, les besoins sont énormes, mais j'ai à cœur d'être présente et de participer activement à un mieux vivre pour ce territoire marseillais et ses populations.

 

Question : Vous repartez au combat cette fois-ci en tête de liste, c'est quoi la différence ?

 

MS : En 2014, j'étais candidate pour devenir conseillère municipale. En 2020, je suis candidate pour devenir maire des 2eme et 3eme arrondissements de la Ville. C'est le secteur le plus pauvre de Marseille, certains disent même d'Europe. Je ne m'engage pas dans la partie de la Ville la plus simple, mais celle où il y a le plus à faire et là où il y a le plus de besoins.

 

Question : Vous passez des LR (Les Républicains) à LaRem (La République En Marche) pourquoi cette transhumance ?

 

MS : D'abord rappeler que je n'ai jamais été encartée chez LR. J'ai été élue avec Jean-Claude Gaudin sur sa liste en tant que société civile. Ensuite je suis profondément juppeiste. J'ai une sensibilité de centre droit. Les juppeistes sont tous aujourd'hui près de LaRem. Et le premier d'entre eux est Edouard Philippe. Je peux en citer d'autres comme Gilles Boyer, longtemps porte-parole d'Alain Juppé et désormais député européen de LaRem. Puis-je être plus loyaliste que le roi ? Enfin, Yvon Berland, tête de liste soutenu par LaRem pour mener la bataille des Municipales à Marseille a su me convaincre par ses idées et son programme. Réduire la fracture entre le Nord et le Sud en mettant un plan d'urgence pour l'éducation et le logement. Je suis née et j'ai grandi dans ces quartiers Nord dit populaires. Je veux me battre pour eux. Si j'avais choisi la facilité, je serais restée au sein de la majorité municipale que les sondages estiment en tête. J'aurai aussi pu retourner dans la vie civile où plusieurs opportunités m'ont été présentées. J'ai sincèrement songé à cette éventualité. Mais lorsque l'équipe de LaRem est venue me chercher, que le député Said Ahamada (candidat dans les 15ème et 16ème arrondissements m'a rappelé que ce combat est nécessaire et vital, j'ai accepté de me réengager.

 

Question : Quels sont les enjeux d’abord dans votre arrondissement et puis au niveau de Marseille ?

 

MS : Notre programme est axé sur l'éducation notamment dans les quartiers populaires, le logement et la lutte contre l'habitat indigne. Notre équipe a à cœur d'œuvrer pour davantage de mixité sociale. La politique de transport pour relier le Nord au Sud sera aussi l'une de nos priorités

 

 

Question : Est-ce à dire que vous mettez en parenthèse vos ambitions pour les Comores ?

 

M.S. : Mes ambitions pour les Comores demeurent intactes : Amani Na Mayendeleyo. Je demeure attentive à ce qui s'y passe et j'œuvrerai toujours d'ici ou de là-bas pour le peuple et le territoire comorien.

 

Propos recueillis par Andjouza Abouheir

 


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