A Ntsoudjini en Grande-Comore, l’Union de l’opposition a rassemblé ses militants et sympathisants, dimanche dernier. Un seul mot d'ordre pour les opposants au régime: pas de référendum.
« On ne peut pas prétendre jouer au football sans arbitre. Or tout le monde sait que c’est la Cour constitutionnelle qui est habilitée à jouer ce rôle! », a déclaré dimanche, le secrétaire général de l'UPDC.,Youssouf Boina. Il citera la suspension de la Commission anti corruption par les autorités. Un « moyen de faire ce qu'ils veulent » dira celui qui assure ne pas comprendre que le chef de l'Etat cautionne le fait que des personnes « soupçonnées et non jugées » de malversation dans l'affaire de la citoyenneté économique soient incarcérées sans procès.
« Pourquoi ne pas nous donner des explications sur les 19 milliards cités par les spécialistes économiques, les médias et des institutions financières étrangères qui avancent qu’ils sont placés sur vos comptes Monsieur le Président. Où sont-ils? ». Concernant le référendum, le SG de l'Updc est persuadé que le projet de révision de la Constitution va « diviser les îles ». « Raison pour laquelle l'opposition encourage le boycott », a déclaré Youssouf Boina qui rappellera à la foule la position de l'Union africaine qui appelle les autorités à engager un dialogue inclusif avec les parties concernées; une manière de signifier ses réticences quant à la tenue du référendum.
Isihaka Mdahoma, commissaire à la Fonction publique de Ngazidja rappellera lui que l’Exécutif de Ngazidja soutient le mot d'ordre de l'Union de l'opposition. « Tout le monde reconnait que c’est un vote illégal, condamné par tous ». Il sera très vite appuyé par Hassane El Barwane, Secrétaire général du parti Juwa, qui évoqué que les réserves exprimées par la représentante de la France à Moroni sur la question du scrutin du 30 juillet prochain.
Mohamed Ahamada Said Mboreha, ancien ministre de la Défense confiera regretter que la notabilité soit divisée, « ce qui risque de compromettre la paix et la stabilité ». Des Assises nationales de février dernier, il assure qu'elles sont « tronquées » et en veut pour preuve le retrait de ses initiateurs qui confient que l’objectif a été modifié et récupéré par le pouvoir. Il citera Ali Bazi Selim ou encore Said Hassane ou Mouzaoir Abdallah qui s'apprêteraient à « signer un communiqué pour condamner » ces assises.
Ibnou M. Abdou
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