La Gazette

des Comores

Najda, femme de caractère en politique

Najda, femme de caractère en politique © : HZK-LGDC

Femme de caractère, militante dans la défense des droits de l’enfant, politicienne, Najda Said Abdallah est la nouvelle trésorière du parti CRC. Elle incarne la nouvelle génération du parti. Elle a l’avantage de présenter le bon profil pour devenir la future candidate à la course du gouvernorat de Ngazidja.


À moins de deux mois des élections présidentielles et gubernatoriales, rares sont les grands partis politiques qui ont désigné leurs candidats qui vont les représenter à ce grand rendez-vous électoral. Une réalité qui laisse place aux rumeurs et aux supputations sur les personnalités devant faire acte de candidature. Fait notable, la CRC parti du chef de l’Etat, vient de renouveler son bureau politique qu’elle a voulu rajeunir. En effet, dans ce nouveau bureau national, apparaît de nouvelles têtes, composées de jeunes cadres de l’administration publique, en soutien à l’actuel délégué à la défense, qui est aussi le secrétaire national du parti.

Pour les observateurs, ce rajeunissement n’est pas fortuit, et d’aucuns prétendent même que de cette équipe, émergeront les nouveaux candidats aux élections des gouverneurs pour accompagner Azali Assoumani. Pour l’instant, à Anjouan, Anissi Chamsidine Gouverneur sortant, déclare ne plus vouloir se représenter. A Mohéli et à la Grande-Comore, c’est le silence radio. La décision viendra sans doute du parti et de ce côté, des noms circulent avec insistance. Parmi ceux-ci un nom a particulièrement retenu notre attention. Il s’agit de Nadjda Said Abdallah. La quarantaine, fille de Said Abdallah Cheikh Soilih, membre fondateur de la CRC, ancien ministre de l’éducation sous Azali 1 et conseiller privé d’Azali de 2016 à 2019. Le sens des convictions et de l’engagement, elle l’a en héritage.

Ses gammes sur le terrain, c’est dans le milieu associatif où elle les fait. En 2014, elle a participé à la création de l’association Mwana Tsi Wamdzima dont elle assure la présidence. Depuis cette date, aux côtés de ses collègues militants, elle porte la voix de la lutte contre les violences faites aux enfants dans les villes et villages du pays à travers les actions de sensibilisation. Elle a donc participé activement à délier les langues pour mieux combattre le phénomène et à renforcer la loi y afférente, amendée sous la pression des associations.

En 2022, son association avec le financement de l’ambassade de France en Union des Comores, inaugure la première salle d’écoute des mineurs victimes de violences dite « salle Mélanie », en Union des Comores au sein de la Gendarmerie nationale. Une réalisation qui prouve la volonté de répondre aux attentes et besoins identifiés par MTW pour améliorer les conditions des mineurs. Grace à cette salle, les mineurs victimes disposent désormais d’un cadre adapté et digne pour réception et recueillement de leurs premiers témoignages sur les atrocités subies.

Engagée dans l’accompagnement de la mise en œuvre de la politique gouvernementale, elle fait son entrée sur la scène nationale. Elle intègre, donc, le bureau politique de la CRC en qualité de trésorière. Un coup de maitre réussi par ce parti qui vient de faire là une bonne pioche. Parce que Najda Said Abdallah, n’est pas seulement une grande militante, c’est aussi un cadre aux compétences confirmées. Diplômée d’un Master 1 en économie gestion option management du changement au conservatoire national des arts et métiers à Paris et d’un Bachelor Européen de commercialisation des produits de la banque assurance, elle a fait une grande partie de sa carrière à la Mamwe devenue SONELEC où elle a assumé plusieurs fonctions. En 2021, elle est propulsée secrétaire générale du ministère de l’énergie et de l’eau où elle pose ses marques.

Pour tout observateur, cette intégration est particulièrement intéressante à suivre puisque rares sont les femmes qui osent aujourd’hui intégrer ces milieux politiques où elles doivent faire face à de nombreux défis et obstacles dans leurs parcours. En effet, elles y sont souvent victimes de sexisme, de discrimination et de violence. Elles doivent aussi lutter contre les stéréotypes, les préjugés, les traditions et les normes sociales qui limitent leur participation et leur influence dans la sphère publique.

Azali a réussi en 2019 à porter pour la première fois une femme au poste de gouverneur. Aujourd’hui, des voix s’élèvent comme s’il s’agissait d’un péché, pour déclarer qu’il n’oserait pas rééditer le défi en désignant encore une femme candidate à la tête du gouvernorat. Et pourquoi pas ? Pourquoi pas dans les trois iles ? Les femmes autant que les hommes ne méritent-elles pas leurs places dans la gestion des affaires publiques ?

De plus, Moroni vient d’abriter le 30 octobre dernier, la 3e consultation des femmes leaders africaines, un moment opportun de faire bouger les lignes , d’encourager les femmes  de tout bord à gravir les échelons, à bousculer les codes et à s’inscrire dans la construction de l’avenir du pays. Najda a aussi ce potentiel, la carrure qu’il faut pour se démarquer de par son engagement et son savoir-faire. L’avenir est au féminin. Il est important de suivre de près l’avenir que réservera ce grand parti à ces femmes comme elle, mais aussi, tous ces partis politiques notamment de l’opposition sur la place qu’ils accorderont aux femmes. Car, pour le moment, elles sont quasi-inexistantes dans les sphères de décision, malgré un cadre législatif favorable. 

Andjouza Abouheir

 


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