Au lendemain de la décision du ministère de l'intérieur de placer l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi en résidence surveillée, Said Larifou avocat constitué dans l'affaire de la citoyenneté économique a tenu dans un point de presse à dissiper la confusion entre, dit-il, la mesure administrative et l'enquête judiciaire dont le leader politico-réligieux serait visé.
L'avocat et leader politique Me Said Larifou s'interpose à nouveau et vole secours pour la énième fois des autorités après la note signée par le secrétaire général du ministère de l'intérieur plaçant l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi en résidence surveillée. Étant avocat constitué dans l'affaire de la citoyenneté économique, il a voulu, dissiper la confusion entre cette mesure administrative et l'enquête judiciaire en cours relative à la citoyenneté économique. Deux choses qui semblent différentes aux yeux du leader du parti Ridja et membre de la mouvance présidentielle.
Revenant sur la note controversée, Me Larifou laisse entendre qu'elle est amplement légale par la culture juridique française dont son pays hérite. « Cette culture juridique autorise le ministre de l'intérieur ou son délégataire qui peut être le secrétaire général, voir même le préfet de police à prendre une mesure d’assignation à résidence dès lors qu'il constate qu'une personne par ses comportements, ses agissements peut compromettre l'ordre public », a-t-il fait savoir.
« Ce sont des autorités de ce pays, ils ont des éléments que les simples citoyens comme nous, ne disposons pas. Ces éléments leur permettent au regard de l’appréciation qu'ils font de la situation, de prendre des mesures à titre préventif. La police préventive est entre les mains du ministre de l'intérieur », a-t-il poursuivi. Me Larifou s'alarme contre certaines personnes qui « s'érigent en juristes et essaient de dire que c'est illégal. Illégal au regard de quoi. Dites moi que politiquement ce n'est pas approprié à partir de là c'est un combat politique mais sur l'aspect juridique, il n'y a rien à dire ».
A l'en croire, Sambi ne constitue pas une menace mais il a, dit-il, des agissements qui sont de nature à troubler à l'ordre public. « Lorsqu’aujourd'hui vous tenez des darsa on ne sait pas si c'est un meeting politique ou bien un prêche religieux. Lorsque par exemple on dit que les prêches dans les mosquées doivent être autorisés par l'autorité religieuse de ce pays. Et que vous ne demandez pas cette autorisation. Vous allez dans votre résidence privée, vous organisez des prêches, il y a certaines personnes qui viennent. Vous pensez qu'ils viennent tous parce que vous fêtes un prêche. Ils viennent parce qu'il y a une adhésion politique. Il y a des comportements de nature à semer une confusion entre ce qui est religieux et politique », fait-il observer.
« Ce n'est pas parce que cette mesure a été prise contre Sambi qu’elle est illégale. D'autres mesures précédentes ont été prises aussi à l'encontre des personnes sans qu'une notification soit faite au préalable et sans qu'elles soulèvent de tels remous. Et lui de revenir aussi sur l’accrochage qui a eu lieu aux abords de la résidence de l'ancien rais où ses fidèles ont délogé à coup de jets de pierres les militaires en faction devant cette résidence. « Lorsqu’on parle de troubles à l'ordre public, c'est par rapport à ce genre de comportement. Par rapport à ces partisans qui au lieu de venir à la mosquée de vendredi faire la prière, sont venus faire une parade militante », a-t-il dit, ajoutant que si une telle mesure est prise à l'en contre d'un citoyen lambda on ne dit jamais mais s'il s'agit de Sambi certains crient au scandale, à la dictature. Et de poursuivre : « je n'ai jamais vu un dictateur au monde accepter de démissionner avant le terme de son mandat pour se représenter à des élections. Je n'ai jamais vu un dictateur qui, avant de décider, parce que la décision ne vient pas de lui mais du peuple comorien (…) le cadre des assises qui ont fait des recommandations soumises au chef de l'État, et a décidé d'organiser un referendum ».
Maoulida Mbaé
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