Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l'appel de l'opposition et on investi vendredi, les rues de Moroni et de Mutsamudu pour dénoncer l'assignation en résidence surveillée de l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et demande le rétablissement de la cour constitutionnelle.
Ils étaient plusieurs centaines de partisans de l'opposition à battre le pavé dans les rues de Moroni et Mutsumudu à la sortie de la prière de vendredi. Ils ont répondu à l'appel des élus de l'opposition qui ont voulu un vendredi de colère contre le « pouvoir dictatorial » du colonel Azali Assoumani. Dans l’esplanade de la mosquée Alqasmi de Moroni, la tension était palpable après la prière du vendredi. En première ligne de la manifestation, les élus de l'opposition et les leaders politiques de l'Union de l'opposition, arborant des banderoles en arabe « pas de referendum sans le rétablissement de la cour constitutionnelle » ou « non à la dictature du pouvoir en place ».
Des manifestants qui ont repris en chœur le verset coranique « surate yasine ». C'est le député Ali Mhadji, porte parole de l'opposition, qui se porte volontaire pour allumer la chaudière. Et il ne fait pas les choses à moitié quand il s'agit d'étriller ses « ex-amis » du régime. L'élu de la région de Hambou dénonce dans la foulée la mesure prise par les autorités de placer l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi en résidence surveillée.
« L'assignation en résidence surveillée de l'ancien rais est illégale. Nous ne nous dressons pas contre la justice mais ce que nous craignons, c'est l'injustice dans cette affaire », a-t-il déclaré. Et lui d'appeler le gouvernement pour la énième fois, à faire marche arrière sur, dit-il, les décisions prises ces derniers temps et qui sont à ses yeux, « anticonstitutionnelles ».
Après la lecture et les quelques interventions des leaders politiques pour haranguer la foule, le cortège des manifestants s’est mis en marche pour se diriger vers la place de l'indépendance, pour un sit-in, mais la foule se heurtera au barrage des forces de l'ordre, déployées aux abords du Conseil de l’île.
Les éléments du peloton d’intervention de la gendarmerie nationale (Pign) ont dispersé les manifestants à coup de gaz lacrymogène et de bombes assourdissantes. Quelques jeunes incontrôlés ripostent à leur tour par des jets de pierres. Un militaire serait même touché par un projectile d'après un témoin sur place. Difficile d'établir un bilan ne serait-ce que provisoire ni du coté des organisateurs ni du coté du ministère de l'intérieur. Aucune arrestation n’a été signalée. La mobilisation se poursuit et l’opposition promet un autre vendredi de colère plus important.
Maoulida Mbé
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
