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Politique / L'opposition déterminée à continuer la lutte

Politique / L'opposition déterminée à continuer la lutte © : HZK-LGDC

L'union de l’opposition tient son pari de tenir le meeting qu'elle avait promis. Mais si la mobilisation n'a pas été au rendez-vous, les intervenants n'ont pas fait l'économie des mots pour tirer à boulet rouge, sur la gestion du chef de l'État et surtout des assises que d'aucun considère comme du maquillage visant à masquer les intentions d'Azali de vouloir, semble-t-il, s'éterniser au pouvoir.


Ils étaient tous là, dans la cour de la résidence privée de Barwane, à la sortie sud de la capitale. Un pari gagné par les leaders de l'Union de l'opposition, fruit d'un compromis trouvé à l'avant veille, entre la gendarmerie nationale qui a promis de sécuriser un lieu où l'opposition devait choisir pour tenir son rendez-vous. Mais si la mobilisation n'a pas été au rendez-vous, les intervenants n'ont pas épargné le président, le couvant des critiques les plus acerbes. Et c'est à Mahamoud Wadaane de lancer le premier, les hostilités dans un pamphlet au style littéraire assuré.      

 

« Nous avons un président colonel qui s'est arrogé le titre d'imam. Maintenant il devient un marguillier de paroisse (…) Nous avons un président colonel qui souhaiterait aujourd'hui sortir une formule. Parce qu'il a un ministre de l'intérieur qui à chaque matin, il lui dit à vos ordres mon colonel pour le désordre dans ce pays », a-t-il lancé.

 

Cet ancien candidat aux dernières présidentielles tire au vitriole sur un « ministre au comportement indigne qui ne respecte pas l'autorité de l'État » et distribue les coups, à la fois au ministre de l'intérieur et au président de la République. « Nous avons un président colonel, qui bafoue partout les libertés et qui piétine toutes les institutions. La tournante ne peut pas être refusée avant 2031 », a-t-il soutenu.

 

« Ce que nous savons tous, Azali a l'habitude de dire ce qu'il ne fera jamais », a lancé Ahmed Hassane Elbarwane secrétaire général du parti Juwa. Prophétisant que l'on ne tardera pas à dévoiler les ambitions réelles d'Azali qui ne sont autres que de « s'éterniser au pouvoir », a-t-il dit. 

 

Même cri de colère pour le député Ali Mhadji qui se lance dans une sorte de diatribe contre son ancien mentor. « Il y a ceux qui croient que faire de la politique, c'est tenir un langage de bois, c'est le chauvinisme, c'est la dictature (…) et c'est le cas d'Azali et ses proches. La première à faire les frais est la commission anti-corruption, suivie par la Cour constitutionnelle », a-t-il déclaré. Le député Elfasse quant à lui déplore un climat de peur entretenu par les autorités avec « de la violence dans leur parole à tel point que des journalistes sont giflés ».

 

Même réaction pour Mouigni Baraka Said Soilih qui a condamné l'usage de la force par les autorités. L'ancien gouverneur de l'île a loué la sagesse de la gendarmerie qui a tenu parole de ne pas disperser par la force leur rassemblement. « Bien que nous avons été terrorisés dès hier soir qu'il ne faut pas mettre le nez dehors, nous sommes sortis en basket et jean et personne ne peut empêcher notre liberté de mouvement », a-t-il martelé. A noter que l'opposition promet de continuer la lutte sur pour la tournante en 2021 et en 2030.

 

 

           

 

 

 


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