Le climat politique franchit un nouveau palier de tension. Dans un document daté du 8 février dernier, intitulé « pacte pour le redressement national », l’ensemble des forces vives de l’opposition comorienne a signé un réquisitoire sans appel contre le régime du colonel Azali Assoumani.
Le constat dressé par les signataires incluant le Mouvement du 17 février, COMORED, PCDP Dja Mnazi, Front populaire soilihiste, Pasoco, Chuma, Daula ya haki entre autres, MRDPC, et l’APSI , est, pour le moins, alarmant. Depuis le retour au pouvoir d'Azali en 2016, les fondations de l’État de droit sont systématiquement démantelées au profit d'une gouvernance qualifiée d'« autocratique, népotiste et dictatoriale ». Le texte dénonce une « dépravation massive » des institutions où l’honnêteté a cédé la place à la manipulation politique et l’intégrité à une corruption débridée.
Les signataires réunis le week-end à Moroni tirent la sonnette d’alarme sur la fin de la séparation des pouvoirs. Selon le pacte, la justice et les lois sont délibérément bafouées, transformant l’archipel en une véritable « république bananière » où l'impunité règne en maître. Plus grave encore, le document souligne une mise en danger de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, face à la résurgence des velléités séparatistes et à une soumission croissante envers des puissances étrangères.
Face à ce qu’ils nomment le « summum de la dépravation politique », les leaders de l’opposition appellent à un « sursaut national ». Ce pacte est surtout un engagement à mobiliser toutes les ressources nécessaires pour le retour à des valeurs morales saines et l'instauration d'un État de droit digne d’un peuple libre. « Nous nous engageons à œuvrer sans relâche pour la mobilisation des ressources de toute nature pour l’avènement d’un État de droit et la promotion des valeurs morales dignes d’hommes d’État », concluent les signataires, parmi lesquels l’ancien président de l’île autonome de Ngazidja Mohamed Abdoulwahab, l’ancien secrétaire d’État Djoumoi Said Abdallalh, ainsi que le candidat malheureux aux législatives de janvier 2025 dans le Bambao ya Mboini, Amine Naçr Eddine.
Alors que le pays s’enfonce dans une crise de confiance profonde, cette union sacrée des partis d'opposition marque une étape décisive. Reste à savoir si cet appel sera entendu par une population étouffée par des années de restriction des libertés publiques y compris le droit de manifester.
Ibnou M. Abdou
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