Invité de l’émission Face à Face du samedi 31 juin sur FCBK FM, Nour El-Fath, secrétaire général du gouvernement, a levé toute ambiguïté sur son éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2029, alors que son nom est sur toutes les lèvres. S’en tenant à la Constitution, il assure que la présidence tournante de 2029 échoir à un natif d’Anjouan.
Selon lui, la logique de la tournante qui réserve le prochain mandat aux ressortissants d’Anjouanrend sa participation incompatible avec les règles établies. « Jusqu’à preuve du contraire, je suis Grand-comorien j’ai passé toute ma vie ici, donc je ne pourrais pas me présenter », a-t-il déclaré sans détour.Le secrétaire général du gouvernement écarte toute ambition présidentielle en 2029 en raison du système de la présidence tournante garantie par la loi fondamentale. Alors que les spéculations vont bon train, Nour El-Fath a choisi de couper court. Il a rappelé que, même s’il occupe un poste stratégique et qu’il est le numéro deuxième du parti présidentiel la CRC, le principe de la présidence tournante demeure un verrou institutionnel toujours en vigueur empêchant les Comoriens issus d’une autre île qu’Anjouan d’y accéder. « La loi n’a toujours pas changé, et on n’a pas envisagé de le faire », devait-il déclarer.
Instaurée en 2001 pour lutter contre toute résurgence du séparatisme, la présidence tournante entre les îles impose l’alternance entre Ngazidja, Mohéli et Anjouan, en attendant le retour de Mayotte. Le cycle actuel, ouvert par le président Azali Assoumani en 2019, après la révision constitutionnelle de 2018, devrait logiquement donner lieu à un tour anjouanais en 2029. Or, malgré les nombreuses interrogations sur sa pertinence à long terme, aucune réforme constitutionnelle ou initiative de révision n’a encore été officiellement engagée. Et ce, alors même que plusieurs voix y compris dans la majorité s’interrogent sur l’avenir du système dans un contexte de centralisation croissante du pouvoir.
En affirmant publiquement qu’il ne sera pas candidat, Nour El-Fath se positionne en homme de principe, respectueux des équilibres inter-îles. Mais il laisse aussi entrevoir une forme de regret, voire de frustration, liée à l’inertie politique sur la révision des textes. Sa déclaration intervient dans un contexte où les lignes bougent discrètement au sein du parti CRC, et où le débat sur l’après-Azali commence à émerger, alors qu’il vient à peine d’écouler une année de son quinquennat. Reste à savoir si cette posture est définitive ou stratégique.
À quatre ans de l’échéance électorale, la sortie de Nour El-Fath résonne comme un signal. D’un côté, elle veut calmer les rumeurs sur une éventuelle remise en cause de la présidence tournante ; de l’autre, elle révèle les limites d’un système où les ambitions doivent se plier à une géographie politique figée. Dans un pays où les réformes structurelles peinent à s’imposer, cette prise de parole sobre mais claire pourrait relancer le débat national sur la nécessité de moderniser les règles du jeu, sans pour autant fragiliser davantage l’Union.
Mohamed Ali Nasra
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