Le parti SWAUTI a présenté, vendredi 9 octobre à Moroni, ses propositions pour réformer le cadre électoral avant la présidentielle de 2029. Son président, Housni Mohamed Abdou, appelle à une implication précoce des acteurs politiques et à un accompagnement technique des Nations unies pour garantir, selon le parti, des élections crédibles organisées à la date prévue.
Le SWAUTI entend anticiper la prochaine présidentielle. Lors d’une conférence de presse tenue vendredi à Moroni, son président, Dr Housni Mohamed Abdou, a présenté une feuille de route prévoyant des réformes électorales, la formation des agents chargés des opérations de vote et une meilleure représentation de l’opposition au sein des instances électorales. « Déjà dix ans que les votes sont biaisés », a déclaré le président du parti, estimant que les contestations électorales ont entamé la confiance des citoyens. « Aucun Comorien ne pense que les votes vont bien se dérouler. Certains ont perdu le goût de voter », a-t-il ajouté. Dans son communiqué, SWAUTI attribue les irrégularités des scrutins de 2024 et 2025, notamment, à la désignation des responsables électoraux par le pouvoir en place, sans participation de l’opposition. Le parti remet également en question les prérogatives de la Cour suprême en matière de rectification des résultats et d’annulation des votes.
« Tant qu’un seul camp nomme tous les arbitres, de la CENI jusqu’au bureau de vote, aucun résultat ne sera crédible. L’opposition n’a pas besoin d’une transition, elle a besoin d’arbitres neutres », souligne le communiqué. Pour éviter que les mêmes contestations ne se reproduisent, SWAUTI propose l’adoption des réformes électorales au plus tard en avril 2027. Il réclame notamment la formation des membres des bureaux de vote et la révision des règles encadrant les opérations électorales. Le parti sollicite également l’appui des Nations unies pour accompagner ce processus, de l’élaboration du nouveau Code électoral jusqu’à l’observation des scrutins. « Nous sollicitons les Nations unies pour qu’elles nous soutiennent dès maintenant, notamment par des formations. Nous aimerions qu’elles nous accompagnent techniquement », a déclaré Dr Housni Mohamed Abdou.
Il appelle les formations politiques qui souhaitent participer à la présidentielle à s’engager dès maintenant dans les discussions. « C’est mieux de se retrousser les manches dès maintenant, mais ne venez pas à la fin pour dire que vous n’allez pas déposer vos candidatures », a-t-il prévenu. Le parti demande aussi la promulgation du statut de l’opposition politique. Selon le communiqué, la loi n°22-018/AU, adoptée le 27 décembre 2022, n’a toujours pas été promulguée. Son application permettrait notamment de désigner le chef de l’opposition et ses représentants au sein des organes électoraux.
Sur le calendrier, SWAUTI propose un premier tour de la présidentielle le 3 décembre 2028 et un second le 14 janvier 2029, en tenant compte du début du Ramadan. Il rejette toute transition politique, de nouvelles assises nationales ou une révision constitutionnelle avant l’échéance. « Nous ne voulons pas reporter 2029. Nous voulons le sécuriser », résume le communiqué, qui défend une présidentielle organisée à la date prévue, dans le respect de la présidence tournante revenant à Anjouan.
Mohamed Ali Nasra
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