Confirmé à la tête de la diplomatie comorienne, le ministre Mbae Mohamed Chanfi s'impose progressivement sur la scène régionale, en particulier dans le dossier sensible de Mayotte. Tout juste désigné président du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Commission de l’océan Indien (COI), le chef de la diplomatie comorienne entend faire entendre la voix de son pays avec fermeté et détermination.
Dans un communiqué officiel daté du 15 avril, le ministère des Affaires étrangères comorien réaffirme les positions historiques des Comores sur la question de Mayotte, rappelant leur attachement à l’intégrité territoriale. « La COI est un socle de solidarité qui puise ses fondements et ses valeurs dans le droit international, qui garantit la souveraineté et l’intégrité territoriale des États. Mon pays, qui célèbre en cette année 2025 le cinquantenaire de son indépendance, reste résolument attaché à ces fondements pour faire valoir l’intangibilité de ses frontières nationales, conformément à la résolution des Nations Unies du 12 novembre 1975 », peut-on lire dans le document.
Cette déclaration intervient dans un climat de tension croissante entre Moroni et Paris, alimenté par des rumeurs persistantes sur l’éventuelle installation d’une nouvelle base militaire française à Mayotte. De plus, les manœuvres diplomatiques françaises visant à faire intégrer l’île dans les instances dirigeantes de la COI suscitent une vive opposition au sein de la société comorienne. Mercredi dernier, une manifestation a rassemblé à Moroni de nombreuses personnalités politiques et de la société civile, appelant le gouvernement à adopter une position ferme lors du sommet des chefs d’État de la COI prévu le 24 avril prochain à Antananarivo.
En prélude à cette rencontre, où la présence du président Emmanuel Macron est annoncée, la représentation diplomatique française à Moroni a publié un communiqué de presse pour démentir formellement les allégations concernant une nouvelle base militaire. « Contrairement aux rumeurs, le gouvernement français n’a pas annoncé la construction d’une nouvelle base militaire navale à Mayotte. Ceci est une contre-vérité que nous démentons formellement», lit-on dans ce communiqué de l’ambassade de France. Un démenti qui, s’il clarifie la position officielle de la France, ne dissipe pas totalement les doutes sur ses intentions à long terme dans l’archipel et la zone du sud-ouest de l’Océan indien.
Au terme de la 39e session du Conseil des ministres de la COI, Mbae Mohamed Chanfi a tenu à réaffirmer le cadre dans lequel cette organisation régionale doit évoluer. « Il est nécessaire de préserver l’esprit et la lettre de la résolution des Nations Unies de 1971, déclarant la zone de l’océan Indien une zone de paix », a-t-il déclaré. Et d’ajouter, dans un rappel appuyé à propos de Mayotte : « La Commission de l’océan Indien est une organisation composée d’États souverains, non une organisation des îles de la région. » Une façon pour le ministre de rappeler que Mayotte, île comorienne occupée par la France, ne saurait être considérée comme une entité indépendante au sein de la COI, mais bien comme une composante de l’ensemble comorien dont elle a été détachée par l’ancienne puissance coloniale au lendemain de l’accession du pays à son indépendance en 1975.
Imtiyaz
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